OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Décoller l’affiche du Festival d’Automne http://owni.fr/2012/09/14/decoller-laffiche-du-festival-dautomne/ http://owni.fr/2012/09/14/decoller-laffiche-du-festival-dautomne/#comments Fri, 14 Sep 2012 09:11:12 +0000 Geoffrey Dorne http://owni.fr/?p=120070

Cette semaine, on se penche sur la sortie de l’affiche du Festival d’Automne à Paris. Ce festival a lieu tous les ans à Paris et a pour mission de passer commande à des créateurs et de susciter des démarches d’ordre expérimentales pour témoigner de la créativité des cultures non-occidentales.

Comme tous les ans, ce passionnant festival donne lieu à une affiche unique, réalisée par un artiste différent. La qualité graphique est donc souvent au rendez-vous (en témoignent les affiches que vous verrez plus bas). Cependant, cette année, nombreuses ont été les personnes surprises à la vue de l’affiche. Loin des canons de la beauté classique, elle semble avoir été faite en quelque minutes avec très peu d’exigence graphique.

L’affiche 2012 du Festival d’Automne à Paris

(voir l’affiche en grand format à cette adresse)

Dans son ensemble c’est une affiche classique : un titre en grand, des couleurs, des logos plus ou moins alignés en bas et même un code QR (le petit code barre carrée en bas de l’affiche) qui amène vers le site du Festival d’Automne. Mais quand on regarde en détail, on remarque certains points qui attirent l’oeil :

• L’harmonie des couleurs est très délicate, un orange/marron pour la typo (pour rappeler l’automne ?), un dégradé entre trois couleurs (bleu, jaune, violet) en fond de page et des logos en gris.

• La typographie semble avoir été écrite au doigt ou à la souris. Rien de mal en soi mais cela renforce énormément l’aspect négligé et l’absence d’effort.

• La date “2012, 13 sept – 31 déc” a un léger pourtour blanc. En effet, le dégradé rendait difficilement lisible le mot dans le violet, il a fallu trouver une façon de rendre ça lisible.

• En dehors du dégradé qui rappel un coucher de soleil et la couleur du texte, il n’y a aucun rappel du sujet de l’affiche. Elle n’exprime rien. Aucune allusion à l’art, à la créativité, au festival en lui-même.

• Les logos sont en gris ou en noir et ne sont pas vraiment alignés, ils semblent entassés là sans réelle choix graphique.

• Le code QR quant à lui amène l’internaute qui le prend en photo vers le site internet du Festival d’Automne. Un site qui n’est pas optimisé pour les téléphones mobiles !

Avec cette absence flagrante d’exigence dans la qualité de l’affiche, les réactions ne se sont pas faites attendre, notamment sur Twitter :

En effet, nombre de personnes ayant vu cette affiche ont tout d’abord été choqués par les couleurs et la lecture de l’affiche. Ensuite, c’est la réflexion qui a pris le pas sur les forums, les blogs, sur Twitter ou encore Facebook. En effet, l’auteur de l’affiche est l’artiste invité du Festival, Urs Fischer, un plasticien suisse dont les sculptures sont exposées dans des expositions et des biennales à travers le monde. En 2012, Urs a été invité à Venise par François Pinault qui, pour la première fois, laissait carte blanche à un artiste afin d’investir le somptueux palais vénitien du milliardaire français.

Efficacité visuelle

Urs Fischer est donc un talentueux plasticien mais pas un graphiste. Cela ne vous rappelle rien ? En 2012, l’affiche de Roland Garros réalisée par l’artiste Hervé Di Rosa avait fait couler beaucoup d’encre. Ce travail artistique sur le thème du tennis s’inscrivait pourtant dans la lignée des affiches de Roland Garros, des affiches graphiques avec une forte liberté artistique. Un artiste n’est pas un graphiste, il va de soi que ce sont deux disciplines proches mais qui poursuivent des objectifs différents. Une affiche réalisée par un graphiste sert un message de façon graphique en se démarquant ; et en utilisant certaines règles comme la lisibilité (ou parfois l’illisibilité volontaire) l’efficacité visuelle, la simplicité du message délivré, l’élégance, etc. Le but est de délivrer le message. Une image réalisée par un artiste échappe naturellement à cette contingence.

(l’affiche de Roland Garros 2012)

Et pourtant, la communication graphique du Festival d’Automne est très souvent maîtrisée, élégante et graphique. En témoigne la plaquette ci-dessous qui est réalisée par l’agence la Vache Noire ou encore quelques affiches des éditions précédentes. Ces affiches ont d’ailleurs un côté artistique très fort mais auront reçu un bien meilleur accueil. Encore aujourd’hui, leurs codes graphiques sont mieux acceptés que notre affiche de 2012.

source

Irrévérencieuse

En y réfléchissant bien, la dernière affiche qui a fait autant parler d’elle est l’affiche de la Fête de la Musique dont je vous avais parlé l’an dernier. Les critiques qui avaient été faites sur cette affiche étaient sur l’absence d’effort et de rigueur graphique et l’horrible dégradé tant remarqué. Une affiche remarquée par la critique négative. En lisant un peu plus sur le personnage d’Urs Fischer on apprend qu’il place son énergie créatrice dans sa “réputation irrévérencieuse qui met à mal les conventions et nos certitudes visuelles” et que l’on peut “reconnaître dans son geste une dimension héroïque, voire romantique, qui n’est pas sans assumer une grande part d’ironie”. [source].

Urs aurait-il donc utilisé volontairement les codes graphiques contemporains tant décriés de ces affiches qui font parler d’elles par leur “laideur” ? Serions-nous tous tombés dans le panneau ? Toujours est-il que les parodies (voir ci-dessous) et les articles sur les blogs fleurissent comme sur John Graphisme.

(l’affiche de la Fête de la Musique 2011)

(source)

Si malgré l’affiche, vous êtes intéressé par le Festival d’Automne, n’hésitez pas à vous rendre sur la programmation où, danse, art plastique, théâtre, musique et cinéma cohabitent brillamment avec des auteurs, artistes et créateurs de renom.

Geoffrey

]]>
http://owni.fr/2012/09/14/decoller-laffiche-du-festival-dautomne/feed/ 12
1961 violence et silence http://owni.fr/2011/10/14/1961-entre-violence-et-silence/ http://owni.fr/2011/10/14/1961-entre-violence-et-silence/#comments Fri, 14 Oct 2011 21:41:07 +0000 Claire Berthelemy http://owni.fr/?p=83480

17 octobre 1961/ Photo copyright Elie Kagan/BDIC

Ce qui a précédé la manifestation du 17 octobre et la rafle de près de 12 000 algériens fait partie du tabou de l’histoire de France. Les documents d’archives que publie aujourd’hui OWNI ne laissent pourtant aucun doute sur la violence policière assaisonnée au silence de Maurice Papon qui s’était installée dans le pays.

Dès septembre 1958, plusieurs attentats meurtriers sont revendiqués par la Fédération de France du Front de libération nationale (FLN) contre son opposant le Mouvement national algérien (MNA). Et Papon décide de déclarer la guerre au FLN.

Montée en température

L’année 1961 est un tournant : le nombre de victimes policières des attentats du FLN est multiplié par trois. Entre les partisans du FLN et le préfet le ton se durcit. La guerre qu’il livre au groupe s’étend à tous les ressortissants de l’Algérie française. Et la communauté algérienne, logeant principalement dans des bidonvilles de Paris et ses environs, est alors la cible de la police.

Le témoignage de Gérard Monate, adjoint de François Rouve, le secrétaire général du Syndicat général de la police (SGP) montre ainsi que :

Les policiers ont acquis le sentiment d’être abandonnés par le justice et le pouvoir politique. L’idée de régler ses comptes soi-même s’inscrivit dans les esprits et allait jusqu’à conduire à des dérives dramatiques, d’autant que la hiérarchie grande et moins grande ne faisait rien pour calmer ce climat, bien au contraire. […] On vit alors s’installer et s’amplifier : le racket : tout argent trouvé sur un algérien était « confisqué » ; le matraquage dans toutes les interpellations ; […] les brimades stupides : par exemple, le renversement des gamelles sur la chaussée des ouvriers algériens interpellés.

Voici l’intégralité de son témoignage :
1961 Scribd 2

D’autres sont “simples” témoins. Tel le député Pierre Henault qui envoie un courrier à Maurice Papon le 14 septembre 1961 dans lequel il dénonce des faits de violence lors d’un contrôle d’identité.

Henault

Dans le courrier ci-dessus, Pierre Hénault explique que :

[…] des agents procédaient à la fouille de musulmans, afin de détecter des armes possibles, ce que je trouve absolument normal. Toutefois, ce qui l’est beaucoup moins c’est la façon dont s’acquittait, notamment un agent, lequel après avoir procédé à cette fouille, a giflé violemment cet arabe, lequel n’a d’ailleurs pas protesté, tandis que la foule marquait sa désapprobation à son égard.

Maurice Papon transmettra la missive à ses services. L’affaire sera classée le 3 novembre 1961 comme en atteste la réponse du directeur général de la police municipale, qui a estimé ne pas être utile de procéder à l’audition des gardiens de la paix sur place :

Le pétitionnaire ne précisant pas en avoir été témoin, il est permis d’une part de douter de leur véracité et, d’autre part , de présumer que celui-ci lui ont été rapportés par une tierce personne ne nourrissant pas les meilleurs sentiments à l’égard des policiers.

Dans un climat tendu, la condition sine qua non pour garantir que les troupes continuent de “faire le tri” au sein de la population des Français musulmans reste de conserver une ligne de conduite claire : soutenir les troupes quoi qu’elles fassent.

Réponse papon

L’immobilité de Maurice Papon et son huile sur le feu

Pour calmer la tempête, Maurice Papon, garant de l’ordre public et de la sécurité urbaine, aurait pu alors agir en conséquence. Au lieu de ça, les notes de services échangées entre les différents acteurs de l’époque indiquent plutôt qu’il était favorable à une bataille des forces de l’ordre contre les membres du FLN ou de simples Français musulmans.

Le 22 septembre 1961, il s’adresse à ses lieutenants et officiers en ces termes :

J’ai prescrit à vos chefs et à vos cadres de reprendre fermement l’offensive dans tous les secteurs en harcelant les organisations politico-administratives et terroristes de la rébellion. […] D’autre part, j’ai décidé que des actions seraient engagées pour mettre hors d’état de nuire les suspects, les oisifs, les proxénètes et les patrons des débits-hôtels. […] Je vous présente d !ès maintenant ma satisfaction des résultats obtenus.

Difficile de croire à une volonté de coopération trois mois après l’ouverture d’un dialogue entre le gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA) et le gouvernement français.

Note Papon

De son côté, le constat de Gérard Monate est sans appel :

Ce fut constamment le silence qui pour nous s’apparentait à de la complicité [...]. C’est dans ces moments dramatiques qu’intervient le discours de Maurice Papon au cours des obsèques d’un de nos camarades tué en service en septembre « pour un coup reçu nous en rendrons dix ».

Plaintes en pagailles

Les Français musulmans d’Algérie – nommés le plus souvent FMA par la police – ont été persécutés par les forces de l’ordre, et ce bien avant le couvre-feu instauré pour tous les algériens par Maurice Papon. Parmi les plaintes, figure celle-ci déposée en juin 1961. Deux hommes accusent les policiers d’avoir essayé de les tuer en les arrosant d’essence et le troisième dénonce un tabassage en règle. De façon détaillée. Tous les trois sont âgés d’une trentaine d’années.

plainte trois

Mais dès le départ, les observations de l’officier chargé de recueillir les plaintes dédouanent les policiers :

La raison se refuse à admettre que des gardiens de la paix français, en uniforme se soient livrés sur la voie publique à de tels actes.

Autre demande d’action en justice, celle de Berkani Ramdane qui dépose plainte pour coups et blessures suite à des violences policières les 18 sepembre et 18 octobre.

Plainte Ramdane

Pour toute réponse, le 5 octobre Maurice Papon déclare le couvre feu obligatoire pour les Français musulmans.
couvre-feu-papon



Qui rétorquent par une manifestation pacifique le 17 octobre 1961.


Photo de Une et des articles par Elie Kagan. Fonds Elie Kagan géré par a Bibliothèque de Documentation internationale contemporaine, copyright Elie Kagan/BDIC

Illustrations et infographies par Loguy pour Owni /-)
Retrouvez les articles du dossier :
La rafle du 17 octobre et Une honte française

[MAJ] Découvrez le webdocumentaire d’Olivier Lambert et Thomas Salva La Nuit oubliée, diffusé ce lundi sur lemonde.fr.
La nuit oubliée – 17 octobre 1961

]]>
http://owni.fr/2011/10/14/1961-entre-violence-et-silence/feed/ 10
Découvrez “Earthquake” par This Is The Kit (Plaisir de France Remix) http://owni.fr/2011/07/14/decouvrez-earthquake-par-this-is-the-kit/ http://owni.fr/2011/07/14/decouvrez-earthquake-par-this-is-the-kit/#comments Thu, 14 Jul 2011 17:34:55 +0000 Lara Beswick http://owni.fr/?p=73540 Au bon moment au bon endroit, un instinct sans faille, Kate Stables aka This Is The Kit comptabilise déjà deux opus dont le premier, “Krülle Bol”, sorti chez Wooden Spoons est produit par John Parish lui-même. Fin 2010, c’est au tour de “Wriggle out the Wrestless” d’où est extrait “Earthquake”.

Kate Stables, cette petite voix légère venu de Winchester, installée à Paris, est souvent classée dans la folk. Pourtant, ses influences revendiquées et nombreuses dans son œuvre, nous empêche d’en faire de même. Elle a beaucoup “d’amis” musicaux, elle multiplie les collaborations et encourage le remix. Passionnée pour le concept de création et persuadée “qu’on est meilleur à plusieurs”,  elle a même fait contribuer ses fans à certains de ses textes, notamment sous licence Creative Commons By-SA.

Quelle a été ta meilleure collaboration musicale et business ?

C’était assez sympathique de faire des choses avec le groupe Soy Un Caballo quand ils sont venus. Des musiciens très motivés et très talentueux. C’est aussi toujours très stimulant de travailler avec Rozi Plain et Rachael Dadd. Mais en y repensant, la meilleure collaboration artistique et business que j’ai pu vivre a été la longue relation de travail que j’ai avec Jesse D. Vernon des Morningstar. Il a fini par être dans le groupe et nous travaillons ensemble depuis plus de 6 ans. C’est très rare de pouvoir gérer avec la même personne les affaires et l’organisation en plus de pouvoir créer de la musique ensemble.

Quelles sont les collaborations artistiques que tu aimerais concrétiser et quelles sont tes influences musicales ?

La liste est longue ! J’aime les chanteurs/interprètes. J’adorerais pouvoir chanter avec Alastair Roberts, Boris Gronemberger des V.O., Busta Rhymes, Guy Garvey, Beyonce… Pour mes influences musicales, ça dépend de la semaine et de la période de ma vie. En ce moment, c’est plutôt Michael Hurley, mes parents, les Wu Tang Clan, JD Sallinger, Les Velvet Underground, Fridge et Herman Melville.

Est-ce que vous gérez votre business seuls ? Vous considérez-vous comme des artistes DIY ?

Oui. Nous gérons la plupart des choses nous-même. Nous avons eu assez de chance pour rencontrer des personnes spécialisées qui peuvent prendre en main certaines tâches précises mais sinon, nous nous occupons du reste tout seuls. Jesse est en fait celui qui centralise et supervise nos affaires.

Est-ce que signer dans une major est le but ultime pour vous? Ou préférerez rester indépendants?

Signer n’est pas notre but. Mais je pense que si l’opportunité se présentait et que les conditions – on est plutôt difficiles sur les conditions – étaient acceptables, on n’hésiterait pas. Si signer dans une major était synonyme de support financier et de conseils en affaires…

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Comment Internet vous aide à développer votre carrière et qu’est ce que, toi, tu n’aimes pas avec les nouvelles technologies d’information et de communication ?

Internet est assez crucial pour notre activité. Nous sommes obligés de rester à la page face à la rapide évolution des communautés musicales et l’industrie. C’est très important de pouvoir tenir les gens au courant de nos activités mais c’est un vrai calvaire de devoir sans cesse mettre à jour des informations sur dix plateformes différentes. Ça prend énormément de temps et c’est très facile de manquer quelque chose.

Pensez-vous qu’Internet va changer l’industrie de la musique et si oui comment ?

Je pense que l’industrie de la musique comme toutes les industries sont en constante évolution et cela ne changera pas. Les choses deviennent cependant plus rapides et de plus en plus basées autour de l’image et du style. En même temps, pour contrer la production de masse et la vitesse, il semble que les gens soient de plus en plus inspirés par les méthodes DIY et les marchés de plus petite taille. Je pense que les choses ne cesseront d’évoluer.

Quelle est votre source majeure de revenus aujourd’hui ?

La vente d’album sur les tournées. Les concerts couvrent généralement les frais de tournée donc si on vend des albums, c’est du plus, c’est bien. On reçoit aussi un peu de droits d’auteur par PRS, une société de gestion collective en Grande Bretagne, et il arrive parfois que quelqu’un utilise un titre pour la BO d’un film. Il nous arrive aussi parfois de faire des workshops si on nous le demande. En fait, ce que j’aurais du dire, c’est que nous n’avons pas qu’une unique source majeure de revenus, c’est plutôt comme un puzzle, on additionne des petits bouts par ci par là.

En quel business model crois-tu le plus aujourd’hui ?

Je ne peux pas parler pour tout le monde et tous les styles de musique mais je crois beaucoup aux coopératives et à l’entraide.

Retrouvez toutes les dates de This Is The Kit

Retrouvez This Is The Kit sur : myspace, facebook, twitter

Crédits photos tous droits réservés : LJ Hopkinson

Interview réalisée et traduite par : Lara Beswick

]]>
http://owni.fr/2011/07/14/decouvrez-earthquake-par-this-is-the-kit/feed/ 1
Découvrez “Kanou” by Fatoumata Diawara http://owni.fr/2011/07/06/decou-vrez-kanou-by-fatoumata-diawara/ http://owni.fr/2011/07/06/decou-vrez-kanou-by-fatoumata-diawara/#comments Wed, 06 Jul 2011 15:09:01 +0000 Lara Beswick http://owni.fr/?p=72909 Quand elle évoque son projet personnel, elle parle de musique et de chant. Elle parle de jouer quand elle évoque les rôles qui lui ont été confiés. Fatoumata est considérée comme une artiste émergente. Pourtant sa carrière scénique est déjà bien remplie.

D’abord comédienne et actrice, elle est repérée en 1996 par le grand cinéaste Cheick Oumar Sissoko qui l’engage dans le film La Genèse (prix Un certain regard à Cannes). Elle enchaîne ensuite sur Sia : le rêve du Python (Prix spécial du jury au Fespaco) et deux ans plus tard, à Paris, elle travaille sur l’adaptation de Jean-Louis Sagot Duvauroux de la pièce Antigone.

En 2002, sa vie de femme et d’artiste prend un nouveau tournant quand elle répond à une offre pour intégrer la plus grande compagnie de théâtre de rue au monde, Royal de Luxe. Elle est engagée sur-le-champ et devient la chanteuse de la troupe. En mai 2007, elle sera appelée à interpréter le rôle de Karaba dans la comédie musicale Kirikou et Karaba. S’ensuivent une multitude de rencontres qui lui donneront l’opportunité de participer aux projets d’illustres artistes tels Dee Dee Bridgewater, Herbie Hancock, Hank Jones ou encore Cheik Tidiane Seick.

C’est alors qu’elle décide de travailler sur un projet musical qui sera le sien. Aujourd’hui, après de longues années de travail et de réflexion, Fatoumata nous offre un EP de musique traditionnelle africaine teintée d’influences jazz et blues, calme mais dansant. Le tout en touchant des sujets graves avec un charme et une douceur parfois déstabilisants.

Lors de notre rencontre avec Fatoumata Diawara, nous découvrons une femme au charisme imposant qui prend le temps de s’exprimer en choisissant chaque mot.

Une artiste émergente déjà très expérimentée

“Kanou” est ton premier EP en studio, combien de temps as-tu mis pour l’enregistrer ?

Depuis 2006, je me rends régulièrement au studio pour enregistrer. Mon producteur Nick Gold a donc récupéré tout le matériel pour faire des arrangements, des mix. Comme ce sont des enregistrements voix/guitare, il fallait ajouter quelques basses, percus, piano…

Sorties le 9 mai 2011, 5 ans donc après avoir commencé à travailler, est-ce que tes compositions te semblaient toujours d’actualité ? Quel effet ça fait de sortir cet EP que tu as mis si longtemps à réaliser ?

J’étais très contente avec mes compos et ça fait du bien de l’avoir sorti. J’avais un peu l’habitude, ayant déjà participé à plusieurs enregistrements pour d’autres artistes dont celui de Dee Dee Bridgewater, Oumou Sangaré ou Polirytmo. Mais c’est vrai que c’est différent quand il s’agit de son propre album.

Entre la scène et le studio, qu’est-ce que tu préfères ?

Je n’ai pas de préférence, ce sont deux énergies très différentes. La seule chose, c’est que j’ai toujours joué des rôles très sévères, très durs sur scène, toujours des rôles dramatiques, jusqu’à Karaba dans Kirikou et Karaba. Depuis l’Afrique, j’ai toujours joué des rôles de jeunes filles violées, battues, maltraitées. Karaba est le comble de la jeune femme malheureuse, violée et battue. Aussi, quand je chante, c’est une autre façade de moi, c’est plutôt moi en fait, je n’interprète pas un autre personnage. Là, je suis en phase avec mon âme et je m’impose. J’ai mis du temps à sortir ce projet parce que ça prend du temps de trouver son style, son genre, sa voix et être à l’aise.

Le travail d’interprète est différent de celui d’auteur-compositeur. Est-ce plus difficile à assumer ?

Assumer de sortir un album n’est pas difficile, c’est s’imposer finalement qui l’est. Tu décides que ce que tu as écrit dans l’intimité, ce que tu as écrit seule, avec tes réflexions, tes moments de solitude, tu le partages avec le monde. C’est ça la petite différence. C’est ça la sensation qui est inexplicable. C’est que tu t’imposes, que tu signes un contrat, que tu acceptes de rencontrer le monde. C’est une forme de générosité qui est énorme mais il faut être forte, il faut être capable de l’assumer, d’accepter les critiques. Il ne faut pas s’attendre aux retours, il faut donner.

L’album qui va suivre cet EP et qui sortira en septembre raconte-t-il une histoire ?

Pas vraiment une seule histoire. Ça raconte le parcours d’une jeune fille africaine, qui a décidé d’être une femme, de faire sa vie, qui a décidé d’être libre, de vivre de ses choix, de prendre des risques, de comprendre et d’apprendre la vie telle qu’elle est, à l’état brut sans que les gens te disent ce que tu dois faire et de comprendre la vie par toi-même. Donc c’est plutôt moi et, comme j’ai 29 ans, ça raconte mon parcours, ce chemin-là. Il reste plein de choses à découvrir encore, plein d’histoires à vivre. Cet album c’est le goût de mes expériences.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Pourquoi venir à Paris ?

La compagnie Royal de Luxe est venue me chercher au Mali. J’ai tourné avec eux pendant 6 ans, jusqu’en 2008. Sur douze mois, je restais en tournée onze mois, et le retour se faisait sur Paris. A peine débarqués à Paris, il fallait qu’on prépare le prochain départ, les passeports, les visas pour aller en Corée, au Chili. On voyageait partout. Mais faire un aller-retour à Bamako, en ayant à peine le temps de voir sa famille, c’est très douloureux : tu n’as pas le temps de digérer ce que tu as vécu, ni d’assimiler ce que tu as appris. J’étais la chanteuse et la musique m’attirait de plus en plus. Paris m’a donc intéressé pour ça, j’ai pu adapter mon chant traditionnel à la guitare et avoir d’autres influences dans la musique.

“Mes chansons sont un signe de générosité”

Aimerais-tu retourner en Afrique ?

Je prépare mon retour comme beaucoup d’artistes. Mais on est des “enfants du monde” quand on est artiste. Ton pays t’a vu naître mais le monde t’appelle et tu es censé partir tout le temps. Je pense que je n’ai pas de terre fixe et que le Mali est un lieu ou je peux vivre comme aux Etats-Unis ou en France. Pour un artiste, les frontières ne sont qu’un rêve, ça n’existe pas. Tu passes un bout de temps partout mais tu n’es nulle part.

Quelles sont les collaborations que tu rêves de faire ?

Je trouve intéressant de collaborer avec d’autres en général mais tu ne trouves la collaboration intéressante qu’une fois qu’elle est terminée. Mon rêve ne tient pas dans une collaboration. C’est de partager ma musique avec un maximum de monde, de rencontrer un maximum de gens avec ma musique, d’aller à la conquête de la vie en fait. Mes chansons sont un signe de générosité.

Je sais aussi qu’il y a des rêves qui vont arriver sans que je les ai demandés. Par exemple, je ne m’attendais pas à la rencontre avec Herbie Hanckok. Je n’avais pas encore fait d’album. Celle avec Dee Dee BridgeWater non plus. Pourtant je n’avais toujours pas d’album et j’avais 29 ans seulement. Pour moi, si je devais rêver, je me bloquerais et je ne verrais pas d’autres opportunités. Je préfère être innocente et que les rêves viennent à moi, qu’ils me surprennent.

“Je préfère faire confiance aux gens qui savent faire”

Comment as-tu choisi de t’entourer professionnellement ?

Je fais avec la situation actuelle. Nous avons besoin de gens comme mon attaché de presse web, Worldcircuit et Universal, nous sommes complémentaires. Nous avons besoins d’eux et eux ont besoins de musique. J’ai d’abord trouvé mon producteur qui m’a fait signer chez Worldcircuit et je crois bien que c’est la première fois que Worldcircuit travaille avec des experts du web. J’attends de voir ce que va m’apporter tout ça. Je suis très confiante.

Tout s’est fait très naturellement, Nick a écouté ce que j’ai fait, il a aimé. Il m’a rencontré vraiment avec le projet “Imagine” de Herbie Hancock, son dernier projet, j’étais venue pour soutenir Oumou Sangaré et là, le producteur a vraiment eu l’occasion d’entendre ma voix. Le grain, ce que je suis. A partir de là, on a décidé de collaborer ensemble. C’est vrai que j’aurais pu décider de seulement donner l’édition, ou seulement la production, ou l’ensemble, mais je pense que je suis “trop artiste” pour pouvoir dire : “je donne mes éditions là-bas et je fais ma production…”. Je préfère faire confiance aux gens qui savent faire. Je veux continuer à composer et à écrire, me concentrer sur l’artistique, me protéger de beaucoup de choses. Et le business en fait partie. Donc pour cela, je préfère laisser les professionnels travailler sur internet. Je pourrais m’y mettre, à Twitter et tout, c’est fait pour être accessible à tout le monde.

Que penses-tu des bouleversements dus à Internet ?

Pour l’instant je pense qu’il faut laisser faire le temps. Ça paraît négatif mais ça ne l’est pas tant que ça. Cet EP par exemple, vous ne le verrez que sur Internet. Vous ne trouverez pas le disque en magasin, cette photo, vous ne pourrez pas la tenir entre vos mains.

Je crois que ça peut être bénéfique mais il faut comprendre. J’avoue ne pas passer beaucoup de temps sur internet, je n’ai pas de comptes sociaux personnels, je préfère prendre le temps pour apprendre la guitare, ça ne fait que 4 ans que je joue et ça me demande beaucoup de temps. Parce que jouer c’est une chose mais chanter en plus, devant des scènes énormes, c’est un travail qui se prépare en dix ans. Moi, j’ai décidé de le faire en deux ans et j’étais sur scène après un an et demi. Apprendre ça m’empêche d’aller sur Internet comme il le faudrait, mais il y a des gens dans ma maison de disques, mon attaché de presse web entre autres, qui sont là pour aider les artistes à pouvoir profiter de ce système. Chacun son travail, on ne peut pas tout faire.

Aujourd’hui, il y a Facebook, Twitter. Demain il y en aura d’autres. Au début, je me suis intéressée à Myspace puis, Facebook et Twitter sont arrivés et je me suis dit que ça n’allait jamais s’arrêter. Aussi, quand tu es une personne publique et que les gens savent que tu es connectée, tu es plus sollicitée que les autres. Quand tu as une petite fanbase, que tu te connectes, ça peut donner lieu à des heures et des heures de communication. Pour nous c’est bien mais à condition d’être aidé, pas quand c’est fait par nous-même sinon on n’a plus le temps de travailler. Et c’est dommage.

Retrouvez Fatoumata Diawara sur : facebook; myspace; twitter

Retrouvez Fatoumata Diawara sur scène le 15 Juillet au Cabaret Sauvage.

Crédits photos : Youri Lenquette

]]>
http://owni.fr/2011/07/06/decou-vrez-kanou-by-fatoumata-diawara/feed/ 2
Découvrez “Planète sauvage” by The Konki Duet http://owni.fr/2011/06/20/decouvrez-planete-sauvage-by-the-konki-duet/ http://owni.fr/2011/06/20/decouvrez-planete-sauvage-by-the-konki-duet/#comments Mon, 20 Jun 2011 17:19:12 +0000 Lara Beswick http://owni.fr/?p=70880 Formé en 2002 par Zoé Wolf et Kumi Okamoto, The Konki Duet s’illustre avec un premier morceau, «In The Trees», remarqué sur la fameuse compilation «Toxic Girls!» (Tsunami-Addiction) puis sur «Active Suspension vs. Clapping Music» (2003).

Très vite rejointes par Tamara Goukassova au violon, les filles ne changent pas pour autant de patronyme et sortent l’année suivante leur premier album, «Il Fait Tout Gris». Il s’attire les faveurs de la presse spécialisée qui fait l’éloge de leur pop minimaliste et onirique. S’ensuivent de nombreux concerts et tournées, en France, Italie, Belgique ainsi qu’à Taïwan où l’album sort en licence. 2006 est l’année du deuxième album «Mountain Mouton», enregistré par Fabrice Laureau (Yann Tiersen, Dominique A, Françoise Breut, NLF3…) dans une tonalité plus rock et nerveuse, qui leur permet de conquérir un public plus vaste et de repartir en tournée (France, Espagne, Portugal, Suède, Danemark…).

Puis les filles marquent une pause pendant laquelle elles se consacrent à diverses collaborations et projets personnels, dont l’album solo de Kumi (judicieusement rebaptisée Kumisolo pour l’occasion), «My Love For You Is A Cheap Pop Song».

2009 voit le retour scénique et discographique de The Konki Duet, avec une tournée française et la parution d’un nouveau mini album vinyle partagé avec Suzanne The Man («Ensemble EP» chez BS records). Cet enregistrement est l’occasion d’une première collaboration avec le réalisateur Stéphane Laporte (alias Domotic). Il réalise, enregistre et mixe leur troisième album que nous vous présentons aujourd’hui : “Let’s Bonnapetons“.


Quelle est l’histoire de The Konki Duet ? Comment vous êtes-vous trouvées pour concevoir le groupe ?

T. Kumi arrivait du Japon, moi je revenais des États-Unis, Zoé en avait marre de faire les gammes à la guitare à Paris, il fallait qu’il se passe quelque chose, on s’est retrouvé dans The Konki Duet.

Z. Nous nous sommes rencontrées grâce à la musique, et notre relation a toujours tourné autour de ça. C’est l’activité qui nous rassemble et grâce à laquelle on se sent bien ensemble, c’est notre langue à toutes les trois.

Konki Duet, ça veut dire quoi ?

Z. Ça veut dire… qu’on ne sait pas compter jusqu’à trois.

Toutes trois de cultures différentes, comment faites-vous pour vous entendre sur la sonorité finale d’un morceau, d’un disque ?

K. On s’entend justement à travers la musique, on n’a pas besoin de langue particulière.

T. On aime la manière de composer et la touche personnelle que chacune est capable d’apporter à un morceau, c’est d’ailleurs pour ça qu’on fait ce groupe et pas (que) des projets solos.

Z. Par culture, on peut comprendre nos origines, mais aussi la culture quotidienne, nos goûts artistiques et musicaux qui eux aussi sont différents. Au final, la musique que l’on compose est la somme de toutes ces cultures.

Quelle est la comparaison que vous détestez le plus lorsque les médias parlent des Konki Duet ?

T. Peut-être quand on essaie de nous comparer à tout prix à d’autres groupes de filles, comme si c’était la seule chose qui nous définissait.

K. Quand on parle de nous comme d’un groupe trop underground.

Quels sont les artistes que vous écoutez ces temps-ci ?

T. Kraftwerk et Drexciya

Z. En ce moment j’écoute beaucoup de funk ensoleillée, j’ai les morceaux dans la tête toute la journée, je danse dans la rue, au travail, ça marche ! Et au moment de répondre à cette interview, assise dans un café, j’écoute un disque de Depeche Mode. Il n’y a pas à dire, ces types savent écrire des tubes.

K. Holy Ghost chez DFA, je les ai vus en concert à la Flèche d’or.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Les artistes n’ont pas attendu Internet pour exister

Selon vous, quels ont été les médias qui ont le mieux servi votre carrière ?

T. Peut-être l’Internet, parce que c’est le média le plus accessible. La presse et les radios aussi.

K. Magazines féminin comme Glamour, Grazia et Modzik.

Z. Il ne manque plus qu’un passage télé ! On est prêtes, invitez nous !

Hier, les artistes devaient séduire les quelques médias importants pour être diffusés, aujourd’hui, Internet permet à chacun d’exister mais pas forcément d’être visible ? Comment percevez-vous ce changement ?

T. Il y a toujours qu’un petit nombre d’artistes qui est soutenu par les grands médias. Tous les autres se débrouillent comme ils peuvent et parfois très bien. Les artistes n’ont pas attendu Internet pour exister, il y avait les fanzines, les radios libres, des labels indépendants dont on a quelquefois reconnu la grande valeur rétrospectivement. Finalement, le temps fait son travail aussi.

K. Il y a trop de musiciens. Les gens ne font pas beaucoup l’effort de chercher les bons groupes qui sont moins connus que Britney Spears. Ou alors ils snobent parce qu’on est un groupe français. Mais on continue à diffuser de la musique, la vidéo parce qu’on sait faire nous-même sans être dépendant d’une structure.

Que pensez-vous de l’importance que prend facebook dans la musique ? Le jeu des réseaux sociaux vous amuse-t-il ? Lesquels utilisez-vous et comment vous en servez-vous ?

Z. Ce que facebook a apporté, ce n’est pas tellement plus de visibilité pour le groupe, mais surtout plus de visibilité pour le public, les fans. La frontière entre le public et le groupe devient plus facile à traverser des deux côtés. Du temps de notre premier site, nos adresses mails étaient visibles avec cette phrase “aurez-vous le courage de nous parler ?” Et peu de gens avaient en effet le courage de nous écrire ! Aujourd’hui, ce problème a disparu. On est ami avec le groupe, on laisse un message… c’est plus simple, moins intimidant. L’échange est facile, c’est amusant.

K. Cela sert à tenir au courant facilement à beaucoup de gens d’un coup pour les dates de concert qu’on donne.

Pensez-vous qu’Internet contribue à votre succès ? Pensez-vous que vos projets aboutiraient dans un schéma plus traditionnel d’industrie du disque ?

Z. Ce qui a changé c’est surtout l’échelle : plus de groupes, plus de musique. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Internet nous permet aussi d’exprimer d’autre chose au-delà de nos compositions musicales, on poste souvent des vidéos de notre quotidien, nos pensées, un peu comme un journal intime. Ça permet au public d’avoir un coup d’œil différent sur notre monde, qui dépasse le disque et peut être l’explique.

K. On pourrait aboutir dans un schéma plus traditionnel d’industrie du disque mais pour cela, il faudrait faire une chirurgie esthétique des mollets et on n’a pas forcément envie de la faire…

Quelle est votre principale source de revenus aujourd’hui ? Pensez-vous qu’aujourd’hui, un artiste puisse vivre uniquement de la vente de ses enregistrements ?

T. Nous avons chacune un métier. Mais il est possible de vivre en travaillant dans la musique, heureusement il n’y a pas que la vente des disques, mais aussi les concerts, la création musicale.

Cloud, abonnement, pub, achat à l’acte (type Itunes), objets numérique (musique +…)…selon vous, quel modèle sera le standard de l’industrie musicale de demain ?

Z. Mon dieu, quelle question ! Il y a beaucoup de gens qui planchent là-dessus pour essayer de trouver un modèle économique musical pour les musiciens ; de notre côté, on continue de faire ce qu’on sait faire : écrire des chansons.

Retrouvez The Konki Duet mercredi 22 juin à l’international. (Entrée Gratuite)

Téléchargez “Let’s Bonappéton

Retrouvez The Konki Duet sur : facebook; myspace; site officiel

Cover artwork : Pixelcrap

]]>
http://owni.fr/2011/06/20/decouvrez-planete-sauvage-by-the-konki-duet/feed/ 1
Découvrez “Damned Things” by David Kia http://owni.fr/2011/06/13/decouvrez-damned-things-by-david-kia/ http://owni.fr/2011/06/13/decouvrez-damned-things-by-david-kia/#comments Mon, 13 Jun 2011 21:58:19 +0000 Owni Music http://owni.fr/?p=32207 Compositeur, Producteur & DJ aux multiples talents artistiques, David KIA explore les deux facettes de sa personnalité, claire et obscure, aux détours de morceaux tantôt légers sur lesquels danser ou « lounger » et d’autres aux mélodies plus profondes, vous invitant à rentrer dans son univers intérieur. Son premier album « Between the Devil & the Deep Blue Sea » (entre le marteau et l’enclume dans le texte) est le parfait exemple de cette dualité créative.

Il conçoit la musique comme les différentes saisons qui ponctuent le temps.
Atmosphérique & mélancolique comme l’automne (4 AM), instable & calfeutrée comme l’hiver (VERSATILE), généreuse et ronde comme le printemps (ALBUERIA), festive et lumineuse comme l’été (DAMNED THINGS)…

En 2003, le label NewHouse Records (San Francisco, USA) découvre son travail et le signe sur la compilation « PARIS UNDER A GROOVE » avec 5 morceaux (dont 2 de TERRASSE TRANQUILLE). L’un des artistes électro phares du début des années 2000, Saint-Germain, figure également sur cette compilation. En 2004, David KIA est signé pendant 5 ans sur le label FINE PRODUCTIONS et publiera en 2005 le DVD musical «SENSORIEL» à l’initiative de PIONEER. 8 morceaux dont il réalisera également les films. Entre 2005 et 2009, il composera les bandes musicales des Spots des parfums AZZARO qui seront essentiellement diffusées en Amérique Latine, Europe de l’est et sur le continent Asiatique.

Il intégrera la STRIKE TEAM du projet NEXTBEAT en tant que DJ en 2010.
Cette même année, à l’ère de la diffusion numérique, il sort en autopromotion son premier album « Between the Devil & the Deep Blue Sea » . 15 titres à se procurer en ligne sur toutes les plateformes numériques : Itunes, Deezer, Amazon, Virgin, FNAC…

David, pourrais-tu nous résumer ton parcours en quelques lignes ?

Je suis arrivé dans la musique un petit peu par accident. A l’époque de la bulle internet, j’étais Directeur de créa d’une agence de communication multimédia et on avait souvent coutume de faire des apéros sur la terrasse à toute heure de la journée selon les différentes occasions à fêter (et il y en avait des tas). C’est ici que j’ai fais la rencontre qui m’a mis le pied à l’étrier : IWAKI. Un génie musical qui m’a complètement décomplexé sur le fait que faire de la musique est avant tout un plaisir et un exutoire. On a monté ensemble le groupe TERRASSE TRANQUILLE et on s’est mis en studio pour pondre quasiment un morceau à chaque répète que l’on faisait. Peu de temps après, quand j’étais freelance, je composais toutes les bandes sons des films que je proposais à mes clients. J’ai déposé l’une de mes tracks (le Périf’) sur un site incubateur de jeunes talents, premier de l’époque (TALENT BRUT) et contre toute attente, j’ai été publié à 2 reprises sur des compils samplers promotionnels. Je me suis dit alors que les gens pouvaient peut être avoir envie d’écouter ce que j’avais à proposer…

La musique n’est pas ton activité principale, comment gères-tu tes deux agendas ?

La musique est avant tout une récrée, pas une contrainte. Je n’arrive pas à créer dans un cercle de temps planifié. Je peux très bien ne pas y toucher pendant des semaines et, comme une envie de …, y passer une nuit complète et mes week-ends. Je perçois la compo musicale comme quelque chose d’instinctif. Si je n’arrive pas à un résultat satisfaisant rapidement, je passe à une autre idée et ainsi de suite. C’est un peu comme le feeling d’une rencontre avec une autre personne : certaines ne dépassent pas les 5 min de conversation, et avec d’autres, vous pouvez y passer la nuit. Métaphoriquement parlant, on peux dire que j’ai littéralement couché avec Damned Things.

Quelle est l’histoire du titre que tu nous présentes ?

C’est l’histoire d’une réconciliation musicale après une séparation de presque 2 ans avec l’envie de faire de la musique.
Damned Things, ça représente quelque part tous ces petits soucis et tracas qui m’ont éloignés de mon copain Cubase. Une envie de sortir d’un train train quotidien qui se construit à votre insu.

Quelles est l’histoire de l’album que tu sors prochainement ?

Il n’est pas encore clairement défini. La musique étant très instinctive pour moi, mes morceaux varient entre des atmosphères electro/Funk, de la house festive et de la trip hop dark et jazzy. En tout cas, elle correspond à des cycles, des saisons, des envies de traduire ma mood de l’instant. Quel sera mon humeur quand je ferais le tracklisting final ? Ce sera une surprise, même pour moi.

Quels sont tes objectifs avec ce nouvel album ?

Tout simplement celui de partager avec mon audience. J’aime l’idée de déclencher des émotions, des moments, des conversations. Rester en arrière plan mais être à la base d’une ambiance conviviale (dans un resto, un club, chez un particulier ou sur une terrasse…)

Si tu devais augmenter tes représentations scéniques avec des gadgets numériques, lesquels serais-ils et comment les lierais-tu a ton projet ?

J’utiliserais une APC40 d’Akai pour lancer mes samples et les recomposer en live avec Ableton ainsi que ma chère et dévouée NEXTBEAT pour lancer mes ponctuations sonores : micro-samples, accapellas. L’idée est de rejouer mes compos en live en leur donnant une autre couleur comme je l’ai fais avec les morceaux de mon premier album dans le Prepus MIX diffusé sur soundcloud.

Quels sont les collaborations musicales dont tu rêverais ?

Je rêve de collaboration avec Carleen Anderson, Jocelyn Brown, Nile Rodgers, King Britt, Lamb et les Masters@Work…

Retrouvez David KIA sur : site, facebook, twitter

Crédits photos CC (by – sa – nc) : Loguy

]]>
http://owni.fr/2011/06/13/decouvrez-damned-things-by-david-kia/feed/ 0
Le Paris touristique, ses étrangers et ses logements http://owni.fr/2011/06/12/paris-immobilier-touristique-etrangers-logements-pied-a-terre/ http://owni.fr/2011/06/12/paris-immobilier-touristique-etrangers-logements-pied-a-terre/#comments Sun, 12 Jun 2011 11:23:20 +0000 Seb Musset http://owni.fr/?p=67099 Un constat : ici, la plaie immobilière s’appelle “placement“.

Grâce à elle, sous deux variantes, “immeubles de bureaux (vides)” pour banques ou entreprises et “investissement locatif” pour particuliers, il devient impossible pour une famille moyenne, sans héritage ou indispensablecoup de pouce parental“, de vivre, à la location ou à l’achat, dans une ville qui vire à vue d’oeil au ghetto pour riches. NDLR : ce n’est pas tant le mot “riche” qui me défrise que celui de “ghetto“, le manque de mixité sociale (habitation comme commerce) étant un des fléaux foncier et sociologique de ce pays.

Que ce soit dans les villes-banlieues, les campagnes-ghettos et les capitales-villages aseptisées, le manque de mixité débouche sur le mépris respectif des populations, permet aux communautarismes de se renforcer, aux méfiances de prospérer.

Dsl, nous le destinons à la location saisonnière, plus rentable, plus fléxible car l’idée est que nous ayons un pied-à-terre à Paris.

Comme si le locataire parisien n’en avait déjà pas assez de la pénurie de logements (artificielle, Paris est une coquille vide), de la gentrification , de l’abondance de taudis (car bizarrement la folie foncière n’a d’équivalent dans l’excès que l’insalubrité de son offre), il doit désormais faire face à la mode de la “pied-a-terrisation” de la capitale.

Il s’agit pour un propriétaire de mettre son bien immobilier rénové et meublé à la location pour la classe-moyenne supérieure (étrangère généralement et en vacances spécifiquement) ou les cadres supérieurs. Se substituant ainsi au parc hôtelier, le proprio loue son 2 ou 3 pièces à 800 euros la semaine à une famille brésilienne, russe, allemande ou américaine qui, bien dans l’air du temps, pourra “s’imprégner de la vie parisienne” sans prendre le risque de bouger de son standing habituel.

Le propriétaire a deux options :

  • soit il déclare la location et empoche une réduction d’impôt de 50%,
  • soit il opère “au noir” et empoche bien plus.

Dans le deuxième cas, l’opération est sans risque. Les sommes sont payées à l’avance, par internet, ou en cash sur place. Il y a déjà bien peu d’inspecteurs du travail, autant dire qu’une brigade de contrôle des résidences secondaires est de l’ordre du rêve : pourtant c’est bien d’évasion fiscale dont il s’agit. Elle se double d’une gonflée mécanique des loyers parisiens. Le vivier de touristes étant inépuisable, à 800 euros ou plus par semaine, les tarifs déconnectés des réalités salariales s’expliquent un peu mieux.

Le proprio accumule les baux courts, gagne bien plus (défiscalisé ou sans le déclarer) qu’en louant à des “locaux” peu à peu parias dans leur propre ville. Il ne prend pas le risque de s’embarrasser à long terme de familles (beaurk) de revenus modestes (rebeuark) et garde la disposition de son appartement à peu près quand il le souhaite, sans même à avoir à se fader la moindre visite.

La pratique d’une poignée est devenue  une mode en trois ans. Au “désolé mais vous n’avez pas les garantis nécessaires” au relent d’aristocrate plutôt embarrassant en ces périodes pré-révolutionnaires, se substitue maintenant un “désolé mais vous n’êtes pas touristes” à la ségrégation plus friendly.

Ci-dessous, l’encart décomplexé de la rubrique “placement raison” d’un “Valeurs Actuelles” du mois dernier, récupéré dans la boite aux lettres de mes voisins virtuels:

Tout va bien dans le meilleur des mondes sauf pour les irréductibles masochistes qui travaillent à Paris. Pour servir nos bienheureux vacanciers, que ce soit pour la tambouille ou les conduire avec béret à travers St-Germain-des-Près au volant de 2CV bleu blanc rouge (véridique), ils doivent s’exiler en 27eme périphérie ou cramer l’intégralité de leur paye dans un loyer pour cage à lapins (si toutefois le dossier est accepté, ce qui n’arrive jamais sans Papa et Maman, encore eux, pour se porter caution).

Je passe sur la Disneylandisation de Paris qu’entraîne l’afflux des cornets deux boules en quête d’une “authenticité” que de leur cocoon surfing et de leurs excursions en tongs Armani à la recherche de cette tarte éthérée d’Amélie Poulain ils contribuent à détruire, ou sur les désagréments quotidiens de la cohabitation avec nos aventuriers du confort en safari chez les fauchés abandonnant sur le pallier leurs poubelles improvisées dans un sac MacDo avant de reprendre l’avion (véridique again). Pourquoi s’embarrasser des coutumes sanitaires de l’autochtone ?

Carte des résidences secondaires à Paris, par Alexandre Léchenet

La pied-à-terrisation concerne également l’achat sec. Là on passe dans une autre dimension, celle de l’hôtel particulier : les surfaces s’agrandissent, les appartements s’achètent par paquet de dix, des quartiers se vident.
Dans les zones de forte tension immobilière, cette pratique doit être interdite ou très fortement taxée. Les aides doivent se concentrer sur les logements sociaux, pour les résidents, et les hôtels, pour les touristes, et non sur une énième défiscalisation aux profits des plus riches qui a pour effet direct d’exclure tous les autres.

J’ai entendu dire que la municipalité se saisissait du dossier. Pour l’instant, on se félicite que Paris soit la capitale des tournages (avec crédit d’impôt) d’une flopée de navets et de nanars à la gloire d’un Paname de magasin de souvenirs“Wait and see” comme on dit désormais ici.

Bonus : la version vidéo du billet.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Article publié initialement sur Les jours et l’ennui sous le titre Peut-on encore habiter Paris #1 : la pied-à-terrisation

Retrouvez les articles d’OWNI sur le logement

Illustration Flickr CC Isodora Cepeda et Luc Legay

]]>
http://owni.fr/2011/06/12/paris-immobilier-touristique-etrangers-logements-pied-a-terre/feed/ 15
Un label qui tient le shock ! http://owni.fr/2011/06/09/ekleroshock-label-musique/ http://owni.fr/2011/06/09/ekleroshock-label-musique/#comments Thu, 09 Jun 2011 14:49:48 +0000 Lara Beswick http://owni.fr/?p=32158 Nous avions déjà eu l’occasion d’interviewer Matthieu Gazier en tant que représentant français de Mobile Roadie. Aujourd’hui, c’est en tant que fondateur du très bon label Ekler’O’shock que nous lui proposons de s’exprimer. Bosseur passionné, Matthieu a plus d’une corde à son arc et sait intelligemment les combiner afin d’atteindre ses objectifs. C’est à l’occasion d’une exposition organisée pour fêter les 9 ans du label à la galerie La Tour que nous décidons d’en savoir plus sur l’homme à l’origine d’Ekler’O’shock, mais pas seulement… Le roster du label est majoritairement constitué d’artistes électro mais attention, ici, le terme prend une tout autre couleur…

Nous avons questionné Matthieu sur ses intentions, motivations, ainsi que sa vision de l’avenir de l’industrie de la musique. Bref, il nous livre quelques insights de la part d’un professionnel dont les projets de qualité prennent forme.

Afin qu’il ne soit pas le seul à parler de son travail, nous avons invité à Sophie Paumelle, co-fondatrice de l’agence Laps, un atelier de création de à nous parler du label.

EOS.MMX – The Summer Solstice Edition One by EKLER’O'SHOCK/EOS RECORDS

Interview Matthieu Gazier

Pourrais-tu nous décrire ton parcours en quelques lignes ?

1996-1998. J’organise mes premières soirées pendant mes années de lycée à Carnot à Paris avec mon ami Sacha Sieff. Lui joue du hip-hop US, du funk, du rap français, moi de l’electro, de la techno, de l’acid. Ce sont les années où l’on écoute Oxmo Puccino, NTM, Cypress Hill, le Wu Tang, mais aussi Daft Punk, Luke Vibert, les émissions spéciales de radio FG le soir.. J’achète mes premiers disques, je découvre les raves, je passe mon BAC.

1999-2003. Je rentre en école de commerce à l’ESSCA, commence à faire des stages pour Sony, l’agence de promotion Ping Pong, la web agency Supergazol. Parallèlement à ça, je monte une association Hip-Hop qui s’appelle “Boombass” au sein de mon école. L’année suivante, je passe à la vitesse supérieure en montant ma propre association pour lancer un label juste après un séjour de 6 mois à Montréal ou je rencontre la branche nord américaine du label Ninja Tune. A l’époque, à part quelques contacts en radio et chez des djs, je ne connais quasiment rien de la gestion d’un label. J’achète quelques bouquins de l’IRMA, et je me lance avec une première signature repérée sur le forum / site Elektrolink.

2003-2007. Parallèlement à mon poste de content manager France pour Musiwave, le premier distributeur de musique mobile, je continue à développer le label. Je signe Data, Danger, Sacha Di Manolo, Léonard de Léonard.

2007. Je m’associe avec Elegangz et développe les activités du label: plus d’événementiel, de collaborations avec des marques et d’autres artistes.

2009. Je monte deux sociétés, l’une pour les activités de production et de conseil, l’autre d’édition. Danger est notre première signature en co-édition avec Universal. Diverses missions de conseil pour MXP4 et Elegangz notamment.

2010. On signe Paris.

2011. On signe Limousine et Maxence Cyrin. Je poursuis mes activités de conseil en nouvelles technologies, toujours étroitement en lien avec la musique, en prenant la représentation en France de Mobile Roadie. Le label fête ses 9 ans et sort une compilation et organise une exposition à l’occasion.

Matthieu, nous t’avons déjà interviewé auparavant mais en tant que représentant français de Mobile Roadie. Alors, Michael Schneider avait fait la déclaration suivante : “Music is a commodity”. Aujourd’hui, en tant que fondateur d’Ekler’O’shock, comment réagis-tu à cette déclaration ?

Je comprends ce que veut dire Michael Schneider quand il dit ça, car il souhaite montrer que c’est l’environnement et l’expérience que tu vas créer autour d’un artiste qui fait sa valeur ajoutée aujourd’hui, pas simplement son single ou son album.

Il sait très bien de quoi il parle, comment optimiser l’activation d’une base de fans, comment créer une relation nouvelle entre un artiste et son public. En revanche, la musique doit rester l’élément moteur et premier pour moi, donc le métier de producteur reste toujours aussi fondamental aujourd’hui.

Tu nous avais aussi mentionné la différence entre les artistes français et les artistes anglo saxons qui prennent plus facilement en main leur communication via les réseaux sociaux. Comment arrives-tu à expliquer à tes artistes l’importance d’être présent et de s’impliquer dans l’animation de leurs comptes sociaux ?

Je pensais plus aux majors à l’époque en te répondant, je pense que les artistes de mon label comme ceux de nombreux petits labels indépendants s’en sortent particulièrement bien. La communication sur les réseaux sociaux se fait très naturellement chez eux, beaucoup de mes artistes sont autonomes et actifs sur Facebook, Twitter, ou MySpace (à l’époque..). Notre job à nous, label, consiste à créer là aussi un environnement fort sur ces réseaux, en proposant de l’achat de musique, de merchandising, des opérations spéciales, du contenu vidéo, des applications, etc.

Ces temps-ci, nous couvrons plus de fermetures de labels que “d’anniversaires”, pourrais-tu nous donner quelques secrets pour survivre ?

Le modèle d’Ekler’o’shock est de pouvoir produire la musique des artistes, de la faire vivre et la promouvoir le mieux possible.
Pour autant, ni moi ni mes artistes ou mes associés ne vivons économiquement d’Ekler’o’shock en tant que personnes à 100%.
Le label n’est donc pas un “employeur” au sens que peut l’être une entreprise. Nous sommes en effet plus proches du modèle de la coopérative que de la PME ou de la boite de prod finalement.

Je ne me paie pas de salaire, j’ai minimisé mes charges grâce à l’association que j’ai avec une agence qui m’héberge, on contrôle nos dépenses, et je privilégie un mode de fonctionnement artisanal qui me plait assez.

Data et Danger s’en sortent très bien et on peut dire qu’ils vivent de la musique, mais ce sont leurs prestations live qui sont vraiment rémunératrices pour eux, pas leurs disques.

Enfin, on bosse énormément la synchronisation publicitaire, les relations avec des marques pour des projets spéciaux, et puis Ekler’o’shock propose des missions de conseil à divers acteurs. Polydor, Naïve ou Franklin & Marshall font partie des clients avec qui nous avons récemment travaillé sur le conseil, Citroën, Nissan ou encore Agnès B ou Wrangler sur des opérations de synchro ou de partenariats avec nos artistes.

Selon toi, quelles sont les tendances à suivre dans l’industrie musicale ces prochaines années ?

D’un point de vue business, je serais assez concis :

  • les nouvelles offres d’abonnement (mobile, web, telephone fixe et TV + téléchargement de musique / films illimité) étendues à tous avec du dual delivery systématique ordi/mobile,
  • le stockage en ligne de musique, le fameux “cloud”
  • à terme, la licence légale
  • une amélioration de la qualité sonore des morceaux proposés en téléchargement,
  • et aussi une certaine résurgence du disque vinyle et d’une bonne presse papier.

Musicalement, j’espère continuer à voir le niveau de la production progresser, et découvrir chaque jour de nouvelles perles. C’est le cas en ce moment et c’est très agréable. La dance music heureusement, c’est aussi une musique qui peut être raffinée, poétique et sincère, pas telle qu’on la diffuse sur M6 ou Fun Radio. J’espère qu’après les succès internationaux des Daft Punk, Air, Mirwaïs, Justice puis Guetta aujourd’hui, le spectre va continuer à s’élargir pour laisser de la place à tous les courants de la musique électronique sur des réseaux commerciaux puissants. Que des artistes français déjà très reconnus en electro comme Ivan Smagghe, Joakim, Arnaud Rebotini, Cosmo Vitelli, Nôze ou Pilooski infiltrent la musique mainstream et lui redonnent une once de sophistication et d’authenticité.

Je suis pour l’entrisme musical, quitte à ce que ce soit agressif, et ce aussi bien dans la pop mainstream que dans la réalisation de B.O de films.

J’espère aussi sincèrement que des radios comme NRJ ou FUN vont perdre un peu de leur hégémonie sur le paysage audiovisuel français, que la jeunesse va reprendre goût à la contestation en musique, à créer ses propres médias, ses réseaux, et pas suivre bêtement MTV et NRJ. Je comprends le métier de ces gens là, et je le respecte, simplement j’ose espérer que subsistera toujours chez les jeunes un souffle de contestation.

Nous apprécions chez OWNImusic la façon dont vous soignez la qualité musicale et esthétique de vos projets. C’est un aspect qui a généralement été abandonnée par les labels qui favorisent des productions éphémères au potentiel financier immédiat. Cette démarche qualitative requiert un certain investissement et j’imagine que si vous l’adoptez chez Ekler’O’shock, c’est que le retour sur investissement est correct. Comment en persuaderais-tu tes homologues ?

C’est une volonté vraiment personnelle qui n’a rien à voir avec une question économique de retour ou pas sur investissement.
Je me dis simplement qu’on se doit de rendre nos objets beaux, attirants, uniques, surtout à cette époque. Il y a aussi dans un label, comme dans toute entreprise, une “démarche” qualité à suivre. Avec le temps, on essaie de s’améliorer, de se bonifier avec l’âge.

Vous avez organisé une exposition à la galerie La Tour à l’occasion de la sortie de votre nouvelle compile ? Quel est l’intérêt pour un label de s’engager dans une telle démarche ?

J’avais l’envie de nous exposer médiatiquement hors du simple cadre de la musique. Que des gens comprennent ce qu’est un label, en quoi ça consiste, et aussi de montrer qui nous sommes.

On a rédigé un communiqué pour l’occasion, qui explique notre démarche depuis nos débuts en 2002. Beaucoup de gens ne nous connaissent que par un ou deux artistes, la partie la plus visible du label. On avait envie de leur faire découvrir tout le reste. Enfin, c’est aussi un moment fort pour saluer tous les gens qui ont travaillé avec nous de près et de loin. Et ils sont nombreux.

“Nous voulons notre futur ambitieux, musicalement et esthétiquement.” A quel grand changement devons-nous nous attendre avec votre “passage à l’âge adulte” marqué par la sortie de la compilation EOS MMX ?

En premier lieu, nous allons nous consacrer à la production de formats longs avec des nouveaux albums pour Limousine, Maxence Cyrin, Alexandre Chatelard, Data, Danger et Paris. Ensuite, nous sommes progressivement en train de mettre un pied dans le cinéma, le documentaire, la fiction, avec des compositions originales.

J’ai vraiment envie de de développer un catalogue éditorial qui soit encore pertinent dans 10 ans, pas simplement de la club music ou du rock du moment. Enfin, je m’engage à ce que malgré ce passage à l’âge adulte, personne de nous enlève notre fougue et notre passion. Ca fait partie de notre quotidien, et c’est très bien comme ça.

Interview Sophie Paumelle (Laps)

Sophie Paummel a fondé Laps avec Amélie Lengrand en 2007 après avoir effectué leurs premier projet ensemble au café chéri. Sophie Paumelle est photographe et chef de projet pour l’artiste JR. Amélie Lengrand est artiste peintre, architecte de formation.

Quand Matthieu a parlé de monter cette expo, l’équipe de Laps, proche de l’équipe d’Ekler’O’shock est dispo et veux soutenir la démarche de Matthieu. Elles se sont occupées de la scénographie de l’expo.

Les particularités d’Ekler’O’shock ?

Eclectique : je trouve que tous les artistes représentés sont différents tout en ayant une certaine unité. On sent que c’est un label où les gens se connaissent, les artistes sont assez solidaires.

Avant – gardiste : Il a commencé il y a pratiquement dix ans, ce n’était pas forcément un style qui était en place.

“Passage à l’âge adulte” ça veut dire quoi selon toi ?

Ça veut dire qu’il est plus en place qu’avant, plus professionnel, plus fini dans un style qu’il paufine un peu. Par exemple, je sais que Paris sont chez Ekler’O’shock depuis peu, peut-être qu’il veut se diriger vers un style plus précis.

Quoiqu’il arrive, monter un label avec des musiciens, ça reste mystique parce qu’il y a des choses que tu ne peux pas prévoir.

Tes artistes préférés chez Ekler’O’shock ?

J’aime bien Paris, Alexandre Chatelart (mélo, décalé, avec un vrai style) et puis Xerak forcément. C’est quelqu’un que j’aime beaucoup, il se met vraiment en scène, c’est de la performance pour le coup.

Que pourrais-tu nous dire sur Matthieu ?

C’est quelqu’un de fiable, de sérieux, qui bosse dur sur son projet. Il le porte bien parce que c’est le sien et il soigne tous ses artistes.

Qu’as-tu pensé de l’expo ?

Un peu court, c’est une démarche qu’il faut faire une deuxième fois pour faire toujours mieux. Je trouve qu’il manquait une mise en scène qui mène les gens vers la musique. Quelque chose pour comprendre que c’est un label et je serais ravi de le faire la prochaine fois ;)

Suivez Ekler’O’shock sur : site

Soutenir le label : shop

Oeuvres photographiées (sucettes et logo en pâte fimo) : Alexandra Bruel

Crédits photos tous droits réservés : Julien Paumelle

Interview réalisée par Lara Beswick

]]>
http://owni.fr/2011/06/09/ekleroshock-label-musique/feed/ 1
#9 – Des Tunisiens dépérissent dans un gymnase parisien http://owni.fr/2011/05/11/9-tunisie-migrants-gymnase-paris/ http://owni.fr/2011/05/11/9-tunisie-migrants-gymnase-paris/#comments Wed, 11 May 2011 15:19:31 +0000 Loic H. Rechi http://owni.fr/?p=62229 En marchant vers ce gymnase parisien occupé par des Tunisiens – en majorité des hommes qui ont fui après la chute de Ben Ali –  je croise un petit groupe de jeunes Américaines émerveillées par la fontaine Wallace qui trône à l’ombre du terre plein marquant le début de la Cité des Trois Bornes, dans le 11e arrondissement. Au milieu de cette petite troupe en goguette, un autochtone d’une quarantaine d’années au crâne dégarni et au poil grisonnant – probablement leur guide – distille quelques généralités dans un français enjoué:

Vous venez ici pour voir la France, pour voir les Français. En Amérique, ce qui est français est chic.

A l’instant où ces bribes de paroles s’impriment dans mon oreille, je pressens déjà toute l’ironie qu’elles revêtiront quelques minutes plus tard, devant le gymnase du numéro 100 de la rue de la Fontaine Au Roi, à quelques encablures de Belleville.

La scène qui se joue sur toutes les rues adjacentes au centre sportif tient plus du dépit que j’avais pu sentir à Ceuta que des petites joies du touriste étranger qui découvre Paris. Parmi les dizaines de Tunisiens – très jeunes pour la plupart – qui ont trouvé momentanément refuge ici, certains déambulent nonchalamment et passent d’un petit groupe à l’autre. D’autres, assis, tiennent le pavé sur la dalle de béton devant le gymnase et tuent le temps en jouant aux cartes. Le flot des entrées et sorties dans le gymnase est régulier.

Ils arrivent de Lampedusa

Un peu partout, des planches en bois de récupération – probablement des portes de placards désossés – font office de panneaux d’annonces. Souillées au marqueur rouge et noir, ces pancartes improvisées exposent les revendications des Tunisiens de Lampedusa ou font office de droits de réponse adressés à la mairie de Paris. Des feuillets placardés, souvent en arabe, avancent quelques conseils ou mettent en évidence les numéros de téléphone de quelques avocats à contacter en cas de problème. Le sentiment qu’on éprouve en ces lieux est confus. L’ambiance tiendrait presque de la joyeuse kermesse et les sourires qui s’affichent ça et là sur certains visages n’ont rien du micro-événement. Mais ces mots tracés en rouge en noir ne trompent pas et traduisent avec force la situation de détresse profonde qui sous-tend cette scène improbable qui se joue en plein centre de Paris.

La plupart des soixante-dix Tunisiens qui dorment sur place, ont investi le lieu samedi 7 mai, en fin d’après-midi. Mercredi dernier, nombre d’entre eux avaient goûté de près aux tonfas et aux menottes de la police, dégagés manu militari de l’immeuble qu’ils occupaient avenue Simon Bolivar dans le XIXe arrondissement. Beaucoup sont arrivés par bateau sur l’ile italienne de Lampedusa, après avoir quitté leur patrie il y a environ deux mois. Grâce aux visas humanitaires temporaires délivrés en masse par les autorités italiennes, ceux-ci se sont vus conférer le droit de se déplacer librement dans l’espace Schengen, au plus grand dam de Claude Guéant et de son patron.

Les premiers types avec qui j’ai discuté, m’ont confié être à Paris depuis cinquante-cinq jours environ, après quinze jours à Lampudesa et une épopée ferroviaire qui les a menés à Naples, Rome, Milan, Nice et finalement Paris. Mais la conversation tourne souvent court. Certains ne maitrisent pas très bien le français. D’autres n’ont tout simplement pas spécialement envie de bavarder avec les journaleux. Probablement afin d’éviter l’escalade médiatique, il n’est d’ailleurs pas question de laisser entrer dans le gymnase le journaliste de passage, le message placardé sur la porte battante étant clair à ce sujet. Mais qu’importe, avec le soleil qui tabasse, c’est évidemment dehors que les choses se passent. Ou ne se passent pas d’ailleurs, tant le temps semble figé.

Les crasses subtilités de l’Europe de Schengen

Finalement, c’est en partageant une cigarette que je fais la connaissance de Slah, un Tunisien de vingt-trois ans. A la différence de la majorité des occupants, ce garçon au crâne rasé n’est pas passé par Lampedusa pour rejoindre la France. Étudiant en kinésithérapie à Bucarest jusqu’en décembre, il a subi le contre-coup de la révolution tunisienne en vivant à l’étranger. En décembre son père lui passe un coup de fil désagréable qui va le mener jusqu’à Paris:

Mon père était très lié avec l’ancien gouvernement de Ben Ali dans la ville de Redeyef. Quand la révolution a commencé, il m’a appelé et m’a dit que ça allait devenir compliqué pour lui. Il m’a dit qu’il ne pourrait plus m’envoyer d’argent et que j’allais devoir me débrouiller tout seul et réfléchir à ce que j’allais faire. J’ai donc décidé de venir en France.

Le 31 décembre 2010, pendant que Michèle Alliot-Marie profite des dernières heures de ses vacances tunisiennes, Slah débarque à Beauvais et entame un périple qui le mènera à Marseille, Lille, Nantes puis Paris avec un unique leitmotiv, trouver une école de kiné qui l’acceptera pour terminer ses études. Le choix d’un pays francophone, supposément ami de la Tunisie, lui paraît naturel. Il découvre pourtant les crasses subtilités de l’Europe de Schengen. De cabinets d’avocats en préfectures de police, il apprend que son visa Schengen de type C délivré en Roumanie ne lui permet pas d’étudier en France, tout juste de séjourner 90 jours sur le territoire français. Alors qu’il n’est pas même clandestin, ce gaillard vêtu d’un tee-shirt bleu, d’un jean et d’une paire de tennis en toile, subit le racisme et la pression de la police. Une arrestation sans raison finit par le convaincre de venir à Paris:

Un jour, je me suis fait arrêter à Nantes dans la rue, comme ça, et on m’a placé en garde à vue alors que j’étais en situation régulière. Du coup, j’ai fini par venir à Paris, il y a trois mois. Paris, c’est plus grand que la province, on a moins de chances de se faire arrêter par la police et il y a beaucoup d’associations d’aide tunisiennes. Mais ça ne l’évite pas pour autant. Un jour, je dormais dans un parking vers Poissonnière et la police m’a arrêté. La femme policière m’a très mal parlé, elle m’insultait et me disait “ferme ta bouche” tout le temps. J’ai fini attaché à une chaise avec des menottes pendant des heures et on a pris mes empreintes alors que j’étais en situation régulière, je le répète.

Devant la gentillesse du lascar, les anecdotes qu’il empile font franchement mal au cœur. A Paris, Slah dort souvent dehors, finit par s’installer dans l’immeuble de la rue Bolivar puis subit l’expulsion de la semaine passée. A la différence de beaucoup venus pour trouver du travail, ce jeune tunisien ambitionne simplement de finir ses études en France, ce qui se révèle impossible sans un visa Schengen de type D – réservé aux étudiants – qu’il ne pourrait obtenir qu’en se le faisant délivrer en Tunisie. Et c’est là que l’histoire déraille pour lui. Les liens de son père avec l’ancien régime l’empêchent de retourner au bled, de peur de se faire tuer, de ses propres mots. Sans nouvelle de ses parents qui ne répondent plus au téléphone ni sur internet depuis janvier, les informations que ses amis – restés au pays – lui donnent, le dissuadent de rentrer:

Je parle avec mes amis sur internet. Ils me racontent ce qui se passe. Chaque jour, il y a des morts en Tunisie. Dans mon quartier, on ne peut même plus sortir entre 17h et 9h du matin. Au final, que je sois ici ou là-bas, je vais mourir. On a même pensé à faire une grève de la faim avec d’autres Tunisiens tellement on est désespéré. Ce n’est pas ma faute d’être Tunisien. Ce n’est pas ma faute si mon père a le passé qu’il a. Il ne me manque qu’une année d’étude et je pourrais travailler. J’ai même pensé à partir en Suède mais je n’ai pas d’argent.

Sentiment d’impuissance

En attendant, Slah s’excuse de taxer des cigarettes. Comme tous ses compagnons d’infortune, il survit tant bien que mal grâce à l’aide des nombreuses associations tunisiennes de France mais aussi celle des riverains de la rue de la Fontaine au Roi qui font preuve d’une solidarité exemplaire, ce qu’il ne manque pas de souligner. Les uns apportent des vivres, du café ou des cigarettes. Les autres leur ouvrent les portes de leur appartement pour qu’ils puissent se doucher. Certains, en guise de solidarité, vont même jusqu’à dormir avec eux dans le gymnase. Pour autant, ces gestes individuels d’une classe épatante ne sont pas sans poser des questions d’ordre plus générale sur le rôle de la machine étatique dans la situation pitoyable que ces réfugiés tunisiens se coltinent au quotidien.

Quand le garçon m’avoue qu’il est profondément choqué de vivre le même enfer en France qu’en Tunisie, et me demande où sont la liberté, l’égalité et la fraternité dans cette histoire, je suis bien en peine de lui apporter une autre réponse qu’un regard fuyant, empreint de tristesse. Pour la première fois depuis longtemps, je ressens un sentiment d’impuissance en tant que journaliste et en tant qu’être humain, le même qui ne m’avait pas lâché durant mon séjour à Ceuta l’année dernière. Il n’y a rien qui foute plus la honte d’être Européen que ces histoires de migrants empêtrés dans les filets administratifs de l’espace Schengen.

La position de journaliste a cela de commode qu’elle impose – face à ce type de témoignage – d’avoir une dose de recul, mélange de protection et de lâcheté. Mais si Ceuta est espagnole, Paris est bien française. Et cette affaire de gymnase n’est plus une question de réalité vaguement européenne mais bien une affaire de politique intérieure. Après les kilomètres de bourdes au moment de la révolution et les saillies grandiloquentes sur la prétendue amitié franco-tunisienne, il serait peut-être temps, au moins une fois, que ce gouvernement allie les actes à la parole et agisse autrement qu’en foutant des coups de savates sur tout ce qui ressemble à un migrant. En attendant, pour ces Tunisiens de la rue de la Fontaine au Roi, ce qui est français n’a rien de chic.


Crédits photo: Flickr CC alainalele

]]>
http://owni.fr/2011/05/11/9-tunisie-migrants-gymnase-paris/feed/ 14
Se sentir “chez soi” à Paris http://owni.fr/2011/04/08/se-sentir-chez-soi-a-paris/ http://owni.fr/2011/04/08/se-sentir-chez-soi-a-paris/#comments Fri, 08 Apr 2011 15:00:38 +0000 Alexandre Léchenet http://owni.fr/?p=55694 Parce que, comme l’a si bien dit Claude Guéant, on ne se sent guère chez soi en France, nous avons commencé pour vous un petit travail permettant de choisir, pour le moment à Paris, où s’installer pour se sentir au maximum “à la maison“.

Les logements vacants

Si on peut s’assurer que les militants de Jeudi Noir ou du DAL n’investissent pas le logement vacant situé aux côtés du vôtre, être voisin d’un appartement vide est encore le meilleur moyen de ne pas être ennuyé par le-dit voisin. À Paris environ 8% des logements sont inoccupés. Les arrondissements qui en comptent le plus sont le 16e et le 8e.

S’éloigner des HLM

Éviter des habitations à loyer modéré dans son entourage, c’est l’assurance d’être tranquille. Comme le soulignait un dijonnais voisin d’un HLM oublié au profit d’un artiste chinois :

Le Chinois nous a épargné dix Arabes.

C’est également l’avis de Jacques Chirac qui notait dans un fameux discours les désagréments causés par ces logements sociaux.

Le travailleur français [...] voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur !

Oublions donc le bruit et l’odeur et réfugions nous dans les arrondissements qui accueillent le moins de logements sociaux. Les 2e, 6e, 7e, 8e et 9e par exemple accueillent moins de 5% des ménages dans des HLM. Surtout que dans ces arrondissements, les HLM peuvent être loués par des gens ayant des ressources.

Les résidences secondaires

De nombreux étrangers et provinciaux souhaitent avoir leur pied-à-terre à Paris pour avoir à loisir de quoi dormir lorsqu’ils sortent à la capitale. Ces gens là sont assez riches pour posséder plusieurs logements et assez distingués pour ne pas vous déranger longtemps. Préférez dans cette optique le 4e arrondissement où près de 16% des résidences sont secondaires. Le Figaro comparait cette situation à Venise, où les Palais n’appartiennent plus aux vénitiens.

Une “ville de propriétaires”

On peut être sûr que lorsque les gens vivent dans leurs murs, ils ne se permettent pas la même chose que lorsqu’ils vivent chez les autres. Ils sont précautionneux. Ils font attention à leur parquet. Et sont donc agréables. Surtout qu’avec un prix du mètre carré autour de 10000 euros à Paris, ces gens ne sont pas pauvres, et donc de confiance. Choisissez le 16e où 43% des ménages résident dans des logements leur appartenant.

Que choisir ?

Alors, en aggrégeant ces quelques données (qui proviennent toutes de l’Insee et datent de 2007) nous pouvons être en mesure de vous proposer les arrondissements rêvés. Les larges avenues du 16e, les voisinages chaleureux du 8e et les montées charmantes du 6e sont les destinations de rêve pour vous installer. À moins que vous ne soyez pauvres et que vous ne puissiez vous offrir que les 13e, 20e et 19e. Ou la banlieue, encore qu’il existe des villes sauves. Voire pire, la province.

> Illustration Flickr CC ThinkCink

> Données Insee 2007

> Vous pouvez retrouver l’ensemble du dossier logement avec Les ghettos de riches mettent les pauvres au ban, Cherche HLM dans le 16e arrondissement et Visite guidée d’une studette parisienne
Crédit photo Guillaume Lemoine CC-BY-NC-SA et design par Ophelia

]]>
http://owni.fr/2011/04/08/se-sentir-chez-soi-a-paris/feed/ 10