OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Tommy Vaudecrane : activiste multi-tâches http://owni.fr/2011/03/15/tommy-vaudecrane-activiste-multi-taches/ http://owni.fr/2011/03/15/tommy-vaudecrane-activiste-multi-taches/#comments Tue, 15 Mar 2011 13:32:27 +0000 Florian Pittion-Rossillon http://owni.fr/?p=31154 La France a toujours été un marché difficile a exploiter pour les acteurs associatifs ou professionnels positionnés sur les musiques électroniques festives. De circulaires ministérielles en pressions informelles, les institutions ont souvent privilégié la répression aveugle sous des motifs divers. Résultat, en 2011 (comme en 1968) la France s’ennuie et les publics festifs de toutes les générations vont festoyer à l’étranger. Mais, à l’heure où la musique électronique est, chez nos voisins proches, une industrie culturelle florissante, et quand cette même musique est le moteur d’une culture de masse, les freins traditionnels commencent à être sérieusement remis en cause.

Technopol, association dédiée au développement des cultures électroniques festives, occupe dans les débats sur la possibilité d’une nuit festive en France une place de choix. C’est un think tank voué à l’action grâce à ses adhérents et son conseil d’administration, aussi bien qu’un organisateur d’évènements. En effet, Technopol a créé et produit rien moins que le plus gros évènement culturel de rue dans Paris intra-muros (après la Fête de la Musique) : la Techno Parade. Réflexion, action, expérience et vision : Technopol se trouve naturellement au cœur de nombre de projets visant à donner aux musiques électroniques festives, enfin, le niveau qu’elles méritent d’avoir en France.

Tommy Vaudecrane, Président de Technopol, rappelle qu’en France, musiques électroniques festives riment d’abord avec engagement. Un engagement dont Henri Maurel, grande figure de la culture electro récemment disparue et jusque là co-Président de Technopol, avait fait la preuve à de nombreuses reprises. Avant de commencer l’interview, Tommy lui rend hommage.

“Cette interview est un échange entre Florian/DJ Speedloader et moi depuis début Décembre 2010. Entre le début et la finalisation de celui-ci, une tragédie à frappé de plein fouet l’association Technopol : la disparition de mon Co-Président, Henri Maurel, également l’un des fondateurs de Technopol en 1996 et l’un des créateurs de la Techno Parade en 1998. C’est avec une très grande peine que nous faisons face à ce moment difficile mais c’est aussi avec une conviction encore plus forte et une détermination encore plus grande que l’association mènera à bien l’ensemble des projets pour lesquels nous avons été élus Henri et moi et que nous portions depuis Juin 2010.

Paix à ton âme Henri et sois-en sûr, nous continuerons le combat !” (Tommy Vaudecrane, mars 2011)

Depuis juin 2010 tu partageais la présidence de Technopol avec Henri Maurel. Cela fait presque 15 ans que cette association est au cœur des nuits françaises, pourtant son rôle reste mal connu. Pourquoi Technopol a-t-il été créé à l’époque et quelles sont ses missions actuelles ?

En fait, en 2011 Technopol soufflera ses 15 bougies mais nous pleurons aussi la perte d’un être qui nous était cher et qui a été un moteur pour l’association et les cultures électroniques depuis plus de 20 ans : Henri Maurel. L’association Technopol a été créée en 1996 par les acteurs historiques des musiques électroniques, dont Henri, qui subissaient une répression politique forte et organisée (circulaire Pasqua de 1995) aussi bien sur les soirées payantes que les free party. Un lobby gouvernemental a été mis en place afin de faire reconnaître les musiques électroniques et c’est en 1998, suite à la publication d’une circulaire interministérielle (Culture, Intérieur & Défense) reconnaissant l’aspect culturel de la musique électronique, que la Techno Parade a été créée afin d’offrir une manifestation festive qui est devenue en 12 ans le plus grand dancefloor à ciel ouvert de France, le temps d’une journée !

Aujourd’hui la nouvelle équipe élue en Juin 2010 travaille sur de nombreux nouveaux chantiers pour continuer d’accompagner les acteurs de la scène dans leur professionnalisation et de défendre les acteurs qui ont encore, aujourd’hui, besoin de nous.

Ces derniers mois on constate un fort retour en arrière et de nombreuses interdiction abusives de soirées électroniques, mêmes légales, dans les différentes régions où le triptyque : Mairie, Gendarmerie, Préfecture fonctionne à merveille !

Est-ce que cela veut dire que, pour la techno comme pour beaucoup de choses en France, rien ne peut être fait sans un étroit contrôle de l’administration ? Est-ce à dire que la création et l’expression culturelle sont subordonnées au bon vouloir du Prince ?

Oui tout à fait, un étroit contrôle, des connivences politiques et une acceptation institutionnelle… Parfois on a l’impression que tout ceci est de la poudre aux yeux. On rencontre les autorités, on a l’impression d’avancer et on se rend compte, qu’autour de nous en fait rien n’avance, voire on ressent une certaine régression… D’un côté une volonté d’expression culturelle soutenue par le Ministère, les DRAC et autre et puis une fermeture quasi totale de la part des Mairies, Gendarmeries et autres Préfectures. Un jeu vicieux est joué à coups de pressions téléphoniques, d’invitation à reconsidérer tel ou tel événement sous prétexte d’ordre public, de drogues et autres raisons fallacieuses jouant sur les peurs basiques auprès de gens ignorants.

D’ailleurs, ces derniers mois on constate un fort retour en arrière et de nombreuses interdiction abusives de soirées électroniques, mêmes légales, dans les différentes régions où le triptyque : Mairie, Gendarmerie, Préfecture fonctionne à merveille ! Un coup la gendarmerie met la pression (officieuse, une sorte d’invitation sans traces, un coup de téléphone suffit) sur le lieu, un autre coup c’est la Mairie (le maire est maître à bord dans sa commune sauf à Paris) et des fois la Préfecture mais c’est rare car les gendarmes et les mairies font très bien leur travail de sape.

Défense, reconnaissance et promotion

Comment Technopol se place, aux côtés des autres acteurs (type syndicats ou autres associations), dans le paysage des instances de la nuit française ?

La mission première de Technopol est la défense, la reconnaissance et la promotion des cultures et musiques électroniques. De fait, notre intervention se fait sur les points relatifs à cette culture et sa place dans la nuit française. La musique électronique ayant une position de plus en plus importante dans le paysage de la nuit française, nous prenons une place de plus en plus importante dans les discussions. Une des illustrations est notre forte implication dans les Etats Généraux de la Nuit et les Nuits Capitales.

Du côté Syndicats et Sociétés Civiles nous commençons à explorer les possibilités de rapprochement avec la SPEDIDAM via le SAMUP ou la CGT Spectacles, notamment sur les questions de statuts du DJ, mais rien n’est acté ou décidé en ce sens. Technopol souhaite rester une structure associative militante indépendante et non politisée.

L’un de nos objectifs est de mettre en place des accords avec certains syndicats ou sociétés civiles afin de faire bénéficier nos membres d’avantages liés à ces organisations.

Nous allons également adhérer à la CSCAD et permettre à nos membres organisateurs d’y adhérer, ce qui leur permettra notamment de bénéficier de tarifs SACEM préférentiels.

Les discussions sont encore complexes, très émotionnelles entre ceux qui veulent dormir tranquille et ceux qui veulent faire la fête.

Est-ce que la connaissance qu’a Technopol de la nuit française lui permet de dégager des particularités régionales, en France ? Ou alors est-ce les questions qui se posent à la nuit sont les mêmes à Paris et à Vesoul ?

Un peu des deux je pense. Suite à la pétition que nous avons lancée « Paris : Quand la Nuit Meurt en Silence » nous avons eu des échos en région notamment à Lyon et Marseille. Partout en France on entend parler de fermetures de bars, de nuisances sonores, de fermetures administratives. Nous avons donc un souci commun aux grandes agglomérations avec l’éternel conflit entre riverains/police et lieux/organisateurs. De plus en plus de villes souhaitent développer ou upgrader leur offre festive nocturne mais les discussions sont encore complexes, très émotionnelles entre ceux qui veulent dormir tranquille et ceux qui veulent faire la fête.

Tommy Vaudecrane, Président de Technopol et passionné des musiques électroniques festives depuis 20 ans.

On constate des difficultés à Lyon par exemple, car les associations n’ont quasiment plus de subventions de la ville et la plupart des événements électroniques sont interdits ou fortement freinés.

On peut également dégager des tendances régionales en effet, avec le développement de la free party légale et parfaitement gérée notamment en Bretagne et dans le Sud de la France, régions qui disposent de magnifiques lieux extérieurs pouvant accueillir ce type de grand rassemblement. Le clubbing a toujours été très développé dans le Nord et l’Est du fait de la proximité de pays comme l’Allemagne, la Belgique, la Suisse et la Hollande avec leurs mégas clubs et rave parties.

Tu rappelles que Technopol travaille beaucoup avec la SPEDIDAM sur les statuts du DJ.  Cela veut-il donc dire qu’il y a un gouffre entre les DJ-dieux vivants à la Guetta, pour qui la musique est une business unit parmi d’autres, et les DJ qui vivent avant tout de leurs prestations ? Car en France en 2011, grâce ou à cause des Guetta, Sinclar et autres, la représentation collective du DJ est qu’il roule sur l’or…

Oui un gouffre, en tout cas sur les sommes touchées lors de représentations publiques par exemple. Un DJ comme ceux que tu viens de citer touche entre 35000 et 75000 euros (voire plus) pour une heure ou deux heures de « non-mix, lève les bras et te décoiffe pas trop ». On est ni dans le djing, ni dans la performance artistique et je trouve personnellement ces sommes démesurées et pas du tout en phase avec le spectacle fourni par ces gens. Sachant que Guetta n’est pas considéré comme DJ mais comme auteur compositeur.

DJ hardcore, drum and bass et autres sons durs

Ton arrivée à ce poste, c’est une des nouvelles expressions de ta passion pour la scène électronique ? Comment cette passion s’exprime-t-elle par ailleurs, depuis que tu es arrivé dans ce milieu ?

Multi-tâches (rires). Les musiques électroniques rythment ma vie et me font vibrer depuis bientôt 20 ans. Ma passion, ma dévotion se traduisent par de nombreuses implications personnelles qu’elles soient artistiques, événementielles ou militantes.

Je suis déjà passé chez Technopol entre 2002 et 2005 en tant qu’administrateur, j’y ai notamment créé l’observatoire de la fête pour recenser les incidents et venir en aide, dans la mesure du possible, aux organisateurs. J’ai également tenté un rapprochement avec la free party, mais ça s’est un peu moins bien passé, disons que notre main tendue n’a pas été si bien accueillie que ça… Et suite à cette main tendue, le premier collectif des sons s’est créé…

Aujourd’hui la scène doit se professionnaliser si elle veut exister comme dans nos pays voisins. J’ai donc de nouveau décidé de mettre mes compétences, mon expérience, ma sensibilité au service des musiques électroniques. C’est l’expression militante de ma passion.

Par ailleurs j’essaie de faire vibrer les gens en tant que DJ hardcore, drum and bass et autres sons durs, depuis près de 17 ans sous le pseudo DJ AK47, et je compose de la musique, notamment avec mon groupe BudBurNerZ (17 maxis et 6 albums). J’organise des soirées avec le collectif Party Uniq depuis 2005 et plus récemment avec la société Bass Nation qui a produit les deux événements Megarave France à l’Elyséee Montmartre.

Tommy Vaudecrane, sous le nom de DJ AK47, est également une des figures de la scène hardcore. Ses prestations foudroient les dancefloors de France et d'Europe depuis le milieu des Rugissantes Années Rave : les années 90.

Alors, question professionnalisation justement, quels sont les métiers qui doivent se développer dans le milieu de la nuit pour rendre celle-ci viable ? Et comment articuler cette professionnalisation avec une présence associative traditionnellement très forte sans qu’il y ait discorde ?

Il faudrait déjà une reconnaissance institutionnelle de certains statuts comme le DJ ou le VJ afin que ceux-ci puissent exercer leur métier en toute tranquillité sans être dans une situation de précarité entre cachets au noir, remboursement de frais et autres arrangements. Qu’ils puissent cotiser pour leur retraite, avoir des congés (sans obligatoirement avoir le statut d’intermittent).

Une ineptie parmi tant d’autres : prenons un DJ amateur passionné, qui exerce un métier la semaine et qui joue le week-end pour son plaisir mais qui est assez connu pour prétendre à une rémunération. Il assure donc un revenu complémentaire grâce au DJing (en plus d’assouvir une passion). Eh bien il a été décidé par le Ministère de la Culture et sous la pression des syndicats, que ce DJ ne pourrait utiliser le statut d’auto-entrepreneur pour facturer et être payé… Alors que ce statut a spécialement été créé pour permettre à des salariés d’avoir un revenu complémentaire… Belle logique n’est-ce pas !

Technopol dispose d’une forte crédibilité à tous les niveaux.

Technopol est une assocation, donc tu es bénévole. Oeuvrer dans les musiques électroniques en France, ça relève forcément de la dévotion ?

Souvent oui car pour la plupart des organisateurs, des artistes et autres acteurs de la scène c’est une passion dans laquelle ils investissent tout leur temps, leurs économies avec souvent de lourdes pertes à la clef. Mais l’associatif est aussi une arme de lobby puissante lorsqu’elle est reconnue et Technopol dispose d’une forte crédibilité à tous les niveaux ce qui permet d’engager des discussions sérieuses et de voir certaines avancées possible.

Et puis après près de 20 ans de plaisir intense apporté par les musiques électroniques, je peux bien donner un peu de mon temps pour que toutes les musiques et cultures soient entendues et représentées !

La Techno Parade est depuis 1998 la vitrine festive de l'action de Technopol.

Que peut-on espérer comme résultat concret et à court terme de l’action de Technopol ?

Nous avons de nombreux chantiers qui concernent les différentes composantes de « l’écosystème électronique ». Nous travaillons par exemple sur le statut du DJ et sa possible affiliation à un syndicat ou une société civile via Technopol. Ces projets font partie de nos « Polarités » qui sont des groupes de réflexion, d’action et de lobby autour des problématiques liées aux différents acteurs de la scène : Organisateurs, Artistes (DJ&VJ), Disquaires, Web Radios, Evénements Eco-Responsables, etc.

Nous avons bon espoir d’obtenir des avancées concrètes en 2011 sur plusieurs de ces points, notamment via notre affiliation avec la CSCAD qui va permettre aux promoteurs membres de Technopol d’y adhérer et de bénéficier de taux SACEM négociés pour les événements en salle et en clubs.

D’un point de vue événements nous allons lancer de nouveaux projets. Nous préparons une semaine de la Techno Parade avec en clôture une Nuit de la Techno digne de ce nom (comme on peut le voir en Suisse en Allemagne, en Hollande ou en Belgique) ! D’ici là, une fête de la musique au pied de la Tour Eiffel avec les Bateaux Parisiens est également prévue.

Expertises professionnelles et passionnées

Tous les projets que tu décris supposent un grand nombre d’expertises au sein de Technopol. Peux-tu préciser comment est structurée l’organisation ?

Technopol dispose de nombreuses expertises chevronnées. Nous avons un conseil d’administration de 15 personnes, toutes professionnelles et passionnées de musiques électroniques qui mettent leurs compétences à disposition de nos membres et de la scène pour mener à bien ces chantiers. Les polarités ont pour référent un membre du CA et nous impliquons également nos adhérents dans les réunions de réflexion. Les membres sont également les bienvenus pour participer à ces réflexions.

A la Techno Parade, on peut voir des bonnes soeurs du couvent de Saint-BPM dispenser la bonne parole au public en liesse.

La scène électronique française, c’est France terre de constrastes, entre les superstars à la Guetta/Sinclar/Garnier et l’apocalypse de la free-party. Une voie du milieu est-elle possible, autre que l’electro-bobo-lounge ?

On pourrait mettre Guetta et Sinclar dans une free et 69DB à la prochaine soirée Unighted pour voir ce que ça donnerait ? (Rires)

Chez Technopol nous avons bon espoir que les choses évoluent en France. Les 15 dernières années électroniques ont été riches et ont fait émerger de nouvelles musiques et surtout de nouvelles pratiques festives. La free party par exemple, a, pour la première fois, offert aux jeunes une réelle alternative au Macumba Night du coin ou aux boîtes select.

De nouveaux espaces festifs, de nouvelles musiques, de nouvelles pratiques de consommation ont émergé. De même que la sortie en boîte de nuit a évolué vers le clubbing et le public est parti découvrir les offres clubbing européennes induisant ainsi des pratiques dites de new clubbing. Tout ceci ayant pris en maturité nous réfléchissons, notamment dans le cadre de nos polarités, à de nouveaux types de fêtes, l’appropriation de nouveaux lieux, notamment en banlieue parisienne avec le Grand Paris. La nuit a toujours su se renouveler et nous espérons y participer !

Historiquement les prix des boissons ont toujours été élevés dans les clubs français.

Peux-tu donner quelques exemples de ce que vont chercher les français à l’étranger ?

On a vu se développer autour de nous en Europe une offre festive nouvelle, propre aux musiques électroniques. Au Nord comme au Sud les villes frontalières ont vu se développer très tôt l’offre festive électronique avec les méga clubs belges et espagnols, les énormes raves hollandaises et allemandes et ce dès le début des années 90. Avec l’arrivée d’Internet et des voyages low costs ces événements ont attiré un plus large public qui voulait rompre avec la monotonie de l’offre festive électronique française. On voit tous les mois plusieurs milliers de français prendre le train, l’avion ou le bus pour aller dans ces mégas événements qui n’ont encore aucun égal en France.

Qu’est-ce que Technopol peut répondre aux jeunes clubbers qui se demandent pourquoi à Paris ils payent leur bière 9 euros alors qu’à Amsterdam elle en coûte 2,50 ?

Historiquement les prix des boissons ont toujours été élevés dans les clubs français car c’est leur moyen de se faire une marge (paraît-il). Pari pas forcément intelligent car du coup, ceci a aussi été un des facteurs de désertion de ces clubs (en plus d’une programmation musicale pauvre et d’une sélection particulière à l’entrée) au bénéfice d’événements type free parties, squat parties, etc…

Amsterdam et la Hollande c’est particulier car c’est aussi le pays d’un des plus grands brasseurs au monde. Mais concrètement, nous sommes l’un des pays avec les prix de consommation les plus élevés en Europe alors que notre culture de l’alcool laisserait à penser le contraire…

Passion et culture de marque

Technopol travaille avec Ableton pour proposer des formations certifiées à des artistes débutants ou confirmés. Quel est le suivi artistique que vous proposez à ceux qui viennent se former chez vous ?

Nous ne proposons pas de suivi artistique, nous donnons les moyens aux artistes qui souhaitent exprimer leur créativité d’apprendre à maîtriser ces outils. Ensuite c’est à eux de créer et de s’intégrer dans le circuit artistique et le courant musical qu’ils souhaitent suivre. Nous donnons juste les moyens d’arriver à l’expression de sa créativité avec les outils modernes. Nous lançons des formations sur Usine, un logiciel de studio français et quasi gratuit et réfléchissons à des formations Cubase ou encore des modules courts sur Traktor, Serato et autres.

La Techno Parade révèle le potentiel festif des créatures de toutes obédiences. Ici : des filles.

On le sait, le développement de la scène électronique passera par un renforcement du lien entre les promoteurs d’évènements et les marques qui en seront les sponsors. Comment Technopol envisage cela ? Comment concilier la passion associative à l’origine de Technopol et les contraintes du marché ?

Chez Technopol nous avons naturellement cette culture du fait de la Techno Parade et de la présence de marques sur cet événement. La cohabitation entre passion et culture de marque n’est pas incompatible à partir du moment où l’association sait jusqu’où elle veut aller en termes de visibilité offerte à une marque partenaire. Nous allons lancer une polarité « Marques et Musiques Electroniques » afin de partager les expériences existantes avec nos membres et de créer une sorte de « hub » pour les marques qui souhaiteraient entrer en contact avec des événements ou acteurs de la scène électronique.

Quelle culture techno peut-on espérer pour la France ?

Une culture électronique débridée, colorée, festive, éclectique et passionnée !

Article initialement publié sur le blog Culture DJ

Crédits photos : Hardlight, Sophie Party Uniq

Crédits photos Techno Parade : Colleen Curnutte, Ollografik, Philippe Leroyer

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Le salut du clubbing parisien est en banlieue ! http://owni.fr/2010/11/25/le-salut-du-clubbing-parisien-est-en-banlieue/ http://owni.fr/2010/11/25/le-salut-du-clubbing-parisien-est-en-banlieue/#comments Thu, 25 Nov 2010 12:08:39 +0000 Florian Pittion-Rossillon http://owni.fr/?p=28343 Florian Pittion-Rossillon écrit avec brio sur le monde de la nuit, et propose des réflexions et interviews de grande qualité sur son blog Culture DJ

Le clubbing parisien vient de finir son auto-auscultation. Il a fallu pas moins que des Etats généraux de la Nuit Parisienne côté Mairie de Paris les 12 et 13 novembre, et la première édition des Nuits Capitales du 17 au 21 novembre, pour que de nombreux spécialistes s’enhardissent à réaffirmer l’espoir d’un clubbing heureux à Paris.

En précisant qu’en 2010 et la décennie qui arrive, c’est un secteur économique qui pèse lourd dans les villes où il est dynamique. On ne parle donc pas d’un caprice de bobos geignards. Il s’agit en fait de se donner les moyens de mettre Paris au niveau de Londres, Berlin, Rotterdam, Barcelone, Milan, où le New Clubbing en tant que culture épanouie bénéficie au tourisme en tant qu’industrie.

Et justement, à observer les raisons du succès de ces métropoles, on peut tenter une idée folle : l’avenir du clubbing parisien est en banlieue. Toutes les Nuits Capitales ne règleront pas la question centrale du manque d’espace intra-muros. Alors que la petite couronne (92-93-94) est couverte de grues, de friches – et d’entrepôts qui il y a 15 ans ont pu faire le bonheur de quelques free parties. En banlieue il y a de la place, en banlieue on peut faire du bruit, le voisinage sourcilleux de l’acouphène y est moins vif.

Précisions sur ce que recouvre le terme fantasmatique de banlieue, avant que ne s’élève le chœur des pleureuses pour qui la vie se passe dans les arrondissements à un chiffre. Donc, en l’espèce : la banlieue est l’espace géographique entourant Paris (selon Wikipédia, le site préféré de Michel Houellebecq : « La banlieue désigne la zone urbanisée située autour de la ville-centre, cela comprend aussi bien des quartiers pavillonnaires que des quartiers plus populaires. La notion est donc socialement neutre et correspond à une réalité physique. »). La banlieue ne se définit pas par ses mythes : voitures brûlées, combats de chiens, trafics à ciel ouvert. Et à vrai dire, la banlieue, seuls ceux qui en viennent savent de quoi il est question.

Début de solution

La banlieue qui nous intéresse est celle qui est accessible par le métro, donc rapidement et pour pas cher. Issy-les-Moulineaux (ligne 12), Boulogne (lignes 9 et 10), Courbevoie (ligne 1), Asnières (ligne 13), Gennevilliers (ligne 13), Saint-Ouen (ligne 13), Saint-Denis (ligne 13), Aubervilliers (ligne 7), Pantin (ligne 5), Montreuil (ligne 9), Maisons-Alfort (ligne 8), Ivry (ligne 7), Villejuif (ligne 7), Malakoff (ligne 4), Montrouge (ligne 4). Le STIF (Syndicat des Transports d’Ile de France) travaille à un métro circulant toute la nuit entre le samedi soir et le dimanche matin.

Ami parisien, fais-toi violence, vainc tes atavistiques réflexes anti-banlieue et calcule le temps de trajet entre un club, dont tu sors à 6h le dimanche matin, et ton domicile, selon deux hypothèses : 1 : le club est situé en centre ville. 2 : le club est situé près du terminus d’une ligne de métro. Un début de solution fraye alors son chemin entre toutes les couches sédimentées de snobisme anti-banlieue.

La banlieue, seuls ceux qui en viennent savent de quoi il est question.

La banlieue n’est pas loin. Elle est toujours moins éloignée que Londres et les autres. Le chœur des pleureuses se fait toujours entendre ? Le problème ne serait donc pas la distance ? Eh bien non… Le problème, c’est l’offre. Personne n’ira en banlieue pour une offre clubbing similaire à celle qui existe déjà intra-muros. On ne parle pas de délocalisation de l’existant, mais bien de nouvelles promesses festives, correspondant à un nouvel espace.
Pour résumer l’équation du clubbing en banlieue : nouvel espace = nouvelle offre.

Confusion entre rareté et prestige

Du point de vue du public : il s’agit d’une nouvelle offre de prestations, à tous les étages. Artistique, son, confort, accueil, le tout bien mis au carré par une saine équation de rapport qualité-prix. Le public New Clubbing est éduqué, il est prêt à payer, mais il en veut pour son argent. Les limiteurs de son et les prix du bar exacerbés, non merci.

Du point de vue des organisateurs : il est question de nouveaux modèles de contrats avec les lieux. Modèles inspirés de ce qui fonctionne dans le reste de l’Europe, et reconnaissant l’expertise de l’organisateur. Par exemple, le lieu peut fournir un budget à l’organisateur pour la direction artistique et une partie de la promotion. Modèle rôdé… partout ailleurs. Car à Paris les lieux confondent parfois l’intérêt que suscite leur rareté avec leur prestige. Ils fonctionnent parfois encore sur le mode « les lieux se remplissent automatiquement car ils sont rares » + « les organisateurs peuvent subir toutes les pressions car il y en aura toujours pour accepter toutes les conditions même les pires » = « la nuit rapporte ».

Quels plaisirs ?

Un public capable d’aller clubber à 1000 kilomètres pourra aller clubber à 5 kilomètres, mais pas pour retrouver en zone 2 SNCF la même chose que dans les arrondissements à un chiffre.

Reste à définir ce qu’est un organisateur de soirées. Entre expert de la logistique évènementielle et pourvoyeur de fantasmes, le champ est vaste, les réponses sont multiples, les candidats nombreux.

D’où la question : « Nuits parisiennes : quels organisateurs pour quels plaisirs ? ».

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Article initialement publié sur Culture DJ

Crédits photos : FlickR CC jean-fabien

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[ITW] Davy, fondateur de Rewind : la nuit lui appartient http://owni.fr/2010/10/29/itw-davy-fondateur-de-rewind-la-nuit-lui-appartient/ http://owni.fr/2010/10/29/itw-davy-fondateur-de-rewind-la-nuit-lui-appartient/#comments Fri, 29 Oct 2010 10:02:31 +0000 Florian Pittion-Rossillon http://owni.fr/?p=27489 Florian Pittion-Rossillon tient le blog Culture DJ, sur lequel il parle de la vie nocturne de manière décalée et rafraichissante. Il collabore à OWNImusic de manière régulière.

La prophétie annonce que 2010 sera la décennie de la Gloire Nouvelle de la nuit française. Pendant que certains valeureux s’activent côté institutionnel et médiatique, d’autres agissent sur le terrain et proposent enfin des évènements pour la génération New Clubbing. Rencontre avec Davy, tout feu tout flamme, oeil coquin et moue boudeuse en sus.

Davy, tu as créé Rewind (organisation de soirées, booking) et tu es une des figures du clubbing parisien, avec des évènements qui animent des clubs de plus en plus nombreux. Batofar, Nouveau Casino, GlazArt et bientôt La Machine du Moulin Rouge. Peux-tu présenter précisément ces soirées ?

Nous avons trois concepts de soirées très distincts. Il y a les All Naked que l’on retrouve maintenant exclusivement au Batofar avec un style plutôt dirty, fidget (le côté sale de l’electro) avec des artistes tel que Gigi Barocco, Mightyfools, Toxic Avenger… et avec un coté booty puisque de nombreux groupes de Hip Hop participent à ces soirées (Da Krew, Comic strip, Gerard Baste, Panpan Master…).

Les soirées I Wanna Lick It ont lieu au Nouveau Casino. Le style est plus dutch / break / tropicale avec de grand producteurs de la scène electro mondiale tel que Miles Dyson, Sound of Stereo ou Will Bailey, des line-ups plus pointilleux pour une musique qui regroupe aussi tout le style underground du clubbing parisien.

Nous avons aussi les soirées Trash’n’Dirty qui se déroulent notamment à GlazArt. Nous privilégions plus la scène sur ces soirées, avec des groupes tel que Silvouplay ou Dick Lorentz, avec souvent des performances au rendez-vous et un gros spectacle live.

Concernant la soirée de La Machine c’est un projet totalement différent. Nous sommes trois associations réunies : Rewind, Bang Gang et Bass Society. Nous regroupons l’ensemble de la bass music sur 3 dancefloors avec les différents style de l’électro du moment, associés à la drum’n'bass et au dubstep !

Qu’est-ce que tu promets au public qui viendra à La Machine ? Tu vas faire quoi pour que cette soirée soit mortelle et déchiratoire ?

Je lui promets une soirée pleine ! Un programme choux, jambon, pommes de terres, poitrine de porc : une vraie choucroute de l’electro !

Du beat en veux tu en voilà sur tout les styles de la bass music, qui fera trembler les murs et pas mal de surprises. Notamment visuellement sur le mainstage avec une installation scénographique de Mosquito Massala et surtout Mightyfools qui nous reviennent de la Hollande avec leur énergie (l’autre pays du fromage et sûrement un des premiers de l’electro). Aussi en dubstep les talentueux anglais Kromestar et Sukh Night ! Une salle de la chaufferie qui va faire transpirer la drum’n'bass avec notamment Ez-Rollers et DJ Panik. Et le bar à bulles Booty, Trash et Fidget en haut avec tout le gratin parisien de différentes organisations, notamment Captain Cadillac des Booty Call, Nostromo des Rewind, Hybu des Bass Society et nombreuses surprises ! C’est une soirée qui va tacher !

Essentiel que les gens s’amusent

Tu travailles hors de Paris également. Où précisément et comment vas-tu étendre ton activité dans les mois qui viennent ?

En effet, nous avons déjà eu plusieurs expériences notamment dans le sud de la France, dans l’est et un peu partout en fait. Pas mal de projets sont en cours sur différentes villes et salles. Nous avons déjà fait pas mal de soirées sur Toulouse, Perpignan, Dijon. Pour le reste vous le saurez très bientôt !

Nous partons aussi sur plusieurs soirées en Belgique notamment à Liège le 20 novembre. Nous avons à grand coeur de souvent travailler avec les belges, très actifs sur la scène électronique, souvent invités dans nos soirées !

Ton top 5 albums, tous genres confondus ?
Rage Against The Machine – “Evil Empire” ; Phoenix – “Wolfgang Amadeus” ; Mano Negra – “Casa Babylon” ; Bérurier Noir – « Viva Bertaga » ; Svinkels – « Tapis Rouge »

Quel est ton rêve d’organisateur d’évènements ? Ta soirée idéale ?

Mon rêve est déjà de pouvoir en vivre et surtout de durer, et ce n’est pas forcément chose facile de nos jours avec toutes les contraintes que l’on nous met dans les pieds. Il est pourtant essentiel dans une société que les gens s’amusent, se défoulent et puisse jouir de la musique et de la fête. On nous parque et canalise dans certains lieux qui eux-mêmes sont souvent menacés… La France à réellement un cran de retard sur d’autres pays comme la Hollande, la Belgique ou l’Allemagne … et ça se ressent aussi sur les soirées …

Sinon la soirée idéale … Je pense qu’elle n’existe pas ou si elle existe tu dois vite te faire chier, c’est souvent emmerdant quand c’est trop parfait ! Ou alors il faut beaucoup d’alcool !

Tu expliques : “Mon rêve est déjà de pouvoir en vivre et surtout de durer, et ce n’est pas forcément chose facile de nos jours avec toutes les contraintes que l’on nous met dans les pieds”. Est-ce que tu peux donner des détails à ce sujet ?

Ca va de la petite soirée en bar à la soirée en club ou Zénith … Je prendrai d’abord l’exemple des bars avec l’interdiction de fumer , les gens fument dehors , ça fait du bruit , ça dérange et ça compromet ce genre de soirées … En club il y a beaucoup de deals non équitables au vu du travail fait par les associations, certaines combines pas toujours honnêtes , des points de détail qui se durcissent et qui coûtent cher à l’organisateur alors que cela ne coûterait presque rien au club … Et pour les grosses soirées des soucis type sécurité dérisoire et prix exorbitants qui souvent empêchent les autorisations pour organiser… L’electro reste encore le vilain petit canard de la scène française et nombreux sont ceux qui voient la musique et le public d’un très mauvais œil, ce qui n’aide rien à la développer. Que ce soit venant des professionnels, les politiques ou le public.

Le problème #1 de la France

Sur quels points la France est-elle en retard et quelles sont les conséquences ? Quelles sont les solutions ?

La France est en retard sur le professionnalisme, la fréquence et surtout la fréquentation des événements. On peut voir de nombreux français partir régulièrement tous les weekends dans ces pays pour faire la fête … On voit peu d’allemands ou hollandais venir faire la fête en France. C’est dommage car une ville comme Paris à les capacités et les moyens, ainsi que les lieux pour devenir une réelle capitale de l’electro mais hélas les problèmes dont j’ai parlé empêche notamment ce développement … Je ne sais pas si il y a des solutions à part faire évoluer les mentalités mais notre pays est très conservateur et n’aime pas trop les changements … Donner plus de moyens, plus d’ouverture et faire confiance à plusieurs organisations très compétentes pourrait déjà permettre des événements plus intéressants et originaux qui attireraient le public étranger (je pense a des festivals comme on voit en Hollande type Ground Zero, Q-Base, Dance Valley, etc … ). Des collaborations avec des pays étrangers genre bus/pack voyage… sur des soirées et une communication plus basée sur l’Europe que notre pays aussi … même si je pense que certains le font déjà.

Finalement, le problème #1 de la France, c’est les clubs pas gentils, le voisinage pas gentil, les politiques pas gentils, les prix pas gentils ?

Non ça c’est partout c’est le jeu ou le business comme on dit… Mais les pires pas gentils c’est en France !

Dans l’idéal, tu te professionnaliserais en devenant producteur d’évènements ? Comment souhaites-tu pérenniser ton activité ?

Oui, produire des événements notamment. Mais je travaille aussi beaucoup sur les bookings avec mon agence Rewind Bookings afin de développer notre terrain de jeu et nos DJ sur d’autres soirées et essayer au maximum de bouger de Paris aussi. Car je suis de province comme la plus part des personnes qui travaillent avec moi dans Rewind. Nous avons à grand coeur de faire partager notre musique et notre énergie dans les contrées les plus lointaines du pays, et même de l’Europe et l’agence de booking nous permet de pas mal voyager.

En pour durer je pense qu’il faut continuellement se renouveler et garder le fil comme un DJ doit toujours être à la page de la musique. Les soirées, les projets doivent évidemment rentrer aussi dans ce contexte ! Monter en puissance aussi en proposant des événements et des concepts toujours plus novateurs car le public se lasse vite de nos jours et surtout encore et toujours garder la pêche !

Beaucoup de sous-genres electro sont apparus ces dernières années. Fidget, dirty, booty,… Selon toi, quelle tendance faut-il suivre ?

C’est plus des tendances que des styles, tout évolue tellement vite. C’est un courant musical du moment et je pense qu’on peut tout regrouper dans l’electro . On peut ajouter à ça le grime, le trash, la dutch, la tropicale, etc … Et dans un an on trouvera d’autres noms et d’autres styles. Ils se mélangent même des fois dans un seul morceau… Les gens viennent pour faire la fête et danser quel que soit le style, c’est dancefloor donc ça marche ! Mais personnellement je suis plus electro-rock et dirty !

Ton top 5 des tracks de musique électronique de tous les temps ?
Rolando – “Jaguar” ; Daft Punk – “Aerodynamic” ; Vitalic – “Poney Part 1” ; Bloody Beetroots – “Cornelius” ; Paul Kallbrenner – “Sky And Sand”

Tu as commencé dans le hardcore. Est-ce que le string de l’electro sent meilleur que le treillis du hardcore ? Autrement dit, qu’est-ce qui explique cette évolution ?

En fait j’ai commencé dans le rock bien avant le hardcore … Mais concernant le string il est aussi mouillé qu’un bon treillis dans le hardcore. Il sent peut être un peu moins fort, c’est tout.

En fait ce n’est pas une évolution c’est juste une histoire différente … Je pense avoir fait le tour dans le hardcore, trop de soirées, trop de projets, peu de considération et surtout très peu de salles en France dans lesquelles développer cette musique. Le style fait peur … Les soirées devenaient toutes les mêmes et en général j’aime aller en soirée pour faire la fête plutôt que voir des gens faire la gueule, ce n’est pas une généralité mais c’est ce que je retrouvais le plus souvent. Et heureusement ce n’est pas le cas partout. C’est pour ça que j’aimais aller retrouver ce coté hardcore dans d’autres pays comme la Hollande ou les gens savent faire la fête … Or ce coté festif que j’avais perdu avec le hardcore je l’ai retrouvé dans l’electro. Mais quelque part le hardcore c’est de l’electro. C’est juste une branche du grand arbre tout comme la branche dans laquelle je suis en ce moment … J’avais juste besoin de changer d’air en fait, la boucle était bouclée !

Après on peut retrouver dans la fidget les nappes du gabber type PCP avec un coté dance et house, dans le dirty on retrouve le sale du hardcore, avec dans chaque style un coté très dancefloor. C’est un peu pour ça aussi que le hardcore m’a naturellement amené à l’electro, comme pas mal de DJ en fait aujourd’hui.

Incroyable festival en plein Paris

Comment expliques-tu l’importance du public féminin dans les soirées ? Tu fais quoi pour attirer les filles dans tes soirées ?

C’est simple qui dit fille dit mecs… Personnellement ça m’est complètement égal du moment que les gens s’amusent. Mais hélas pour un club il est vrai que pour son image et l’ambiance il faut un équilibre des sexes, même si les filles peuvent rentrer souvent sans mecs … le contraire c’est plus rare…

Mais elles sont souvent plus expressives sur un dancefloor, souvent décadentes et sexy. Ca chauffe l’ambiance et la soirée. Et même si elles sont ridicules au moins on se marre et c’est toujours ça de pris ! Un strip-tease d’un mec par exemple complètement bourré avec la raie du cul et les poils qui dépassent, ça fait tout de suite moins vendeur, même si moi ça me fait bien marrer aussi ! Et pour attirer les filles … Je mets du Axe…

Imagine ton festival de musique électronique parisien rêvé…

Une “Dance Valley” parisienne du coté de Vincennes, le Parc de la Villette ou le Parc de Saint-Cloud sur une semaine avec différentes salles et scènes regroupant tout les styles du moment de l’underground avec spectacles de rue… Le Parc de la Villette serait génial pour ça, avec toute les salles et l’espace vert il y aurait vraiment moyen de faire un incroyable festival en plein Paris, avec de la nature en plus de ça ! En plus c’est à coté de chez moi … ça fait rêver !

Ton top 5 de DJs favoris ?

En hip hop / electro je suis un gros fan de DJ Pone depuis toujours par sa technique, son originalité et son jeu de scène, son coté rock aussi. C’est pour moi l’un des meilleurs depuis l’âge d’or des Svinkels…

J’ai toujours aussi été très impressionné aussi par AK47, il a souvent osé et innové mêlant différents styles dans le hardcore en passant par la jungle, le hip hop, etc…

Sinon j’adore beaucoup aussi Elite Force aka Zodiac Cartel qui joue plutôt breakbeat, qui a vraiment une puissance incomparable. Je l’ai découvert il y a pas longtemps sur un mix 3 platines mêlant beaucoup de genres et j’ai vraiment pris une grosse claque !

Et forcément il y va y avoir 2 DJ de mon crew. DJ Ecarat car c’est réellement un véritable boulimique de tracks, un des seuls sûrement qui est autant à la pointe de l’actualité musicale en France sur un style electro allant de la dutch à la fidget et bien d’autre styles.

Le deuxième serait DJ Nostromo qui a une technique hors pair, pour moi l’un des plus confirmés et efficace sur un dancefloor à l’heure actuelle, que se soit sur un style minimal/techno ou fidget/dirty. Il a un grand pouvoir sur la scène, bref dj c’est un métier et ces deux là savent travailler !

Article initialement publié sur le blog Culture DJ

Crédits photos : Rewind.

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